L'essentiel

Au 01/01/2026, l'avantage en nature d'un véhicule de fonction 100 % électrique éligible est réduit par un abattement de 70 % en évaluation forfaitaire, dans la limite de 4 641,60 € d'abattement par an.

  • L'abattement de 70 % vise les véhicules 100 % électriques respectant l'éco-score du bonus écologique, mis à disposition entre le 1ᵉʳ février 2025 et le 31 décembre 2027.
  • En évaluation d'après les dépenses réellement engagées, l'abattement est de 50 %, dans la limite de 2 026,30 € par an au 01/01/2026.
  • Depuis février 2025, le forfait se calcule sur 15 % du coût d'achat TTC (véhicule acheté de moins de cinq ans) ou 50 % du coût global annuel (véhicule loué), plafonné dans ce cas au montant retenu si l'employeur avait acheté le véhicule.
  • Exemple 2026 : sur un véhicule électrique éligible à 40 000 € TTC, l'avantage en nature retenu passe de 6 000 € à 1 800 € par an, soit 150 € par mois contre 500 € pour un thermique de même prix.

Barèmes au 01/01/2026, indicatifs et non contractuels — à confirmer avec votre expert-comptable.

Proposer un véhicule de fonction électrique n'est pas seulement un geste pour l'image de l'entreprise : depuis 2025, c'est l'un des avantages salariaux les mieux traités par l'URSSAF. L'abattement de 70 % réduit fortement l'avantage en nature retenu, donc l'assiette de cotisations et le revenu imposable qui en découlent. Encore faut-il connaître les conditions exactes, le plafond 2026 et la bonne méthode d'évaluation. Voici la règle complète, avec un exemple chiffré.

L'avantage en nature véhicule, en deux mots

Quand une entreprise met un véhicule de fonction à la disposition d'un salarié qui peut l'utiliser à titre personnel (trajets privés, week-ends, vacances), cet usage privé constitue un avantage en nature. Il est réintégré dans l'assiette des cotisations sociales et dans le revenu imposable du salarié.

Concrètement : plus l'avantage en nature est évalué haut, plus le salarié paie d'impôt et de cotisations, et plus l'employeur paie de charges patronales. C'est précisément sur cette évaluation que le véhicule électrique bénéficie d'un traitement de faveur.

L'abattement de 70 % réservé à l'électrique

Pour un véhicule 100 % électrique mis à la disposition d'un salarié entre le 1ᵉʳ février 2025 et le 31 décembre 2027, l'évaluation forfaitaire de l'avantage en nature bénéficie d'un abattement de 70 %, dans la limite de 4 641,60 € d'abattement par an en 2026 (plafond revalorisé chaque année : 4 582 € dans le texte d'origine, valeur 2025). La règle est fixée par l'arrêté du 25 février 2025 et détaillée par l'URSSAF.

Deux conditions à ne pas manquer :

  • Le véhicule doit respecter le score environnemental exigé pour le bonus écologique (l'« éco-score »), condition définie au c du 6° du I de l'article D. 251-1 du code de l'énergie. En pratique, cela exclut une partie des modèles fabriqués hors d'Europe : la liste des véhicules éligibles est publiée et mise à jour par l'ADEME.
  • La date de mise à disposition compte, pas la date d'achat. Un véhicule attribué à un salarié avant le 1ᵉʳ février 2025 reste sous l'ancien régime : abattement de 50 %, dans la limite de 2 026,30 € par an en 2026.
À retenir

Au 01/01/2026, l'avantage en nature d'un véhicule 100 % électrique éligible à l'éco-score, mis à disposition entre le 1ᵉʳ février 2025 et le 31 décembre 2027, est réduit de 70 % en évaluation forfaitaire, dans la limite de 4 641,60 € d'abattement par an. Aucun véhicule thermique ou hybride n'y a droit.

Forfait ou réel : les deux méthodes en 2026

L'employeur choisit entre deux méthodes d'évaluation de l'avantage en nature. L'abattement électrique ne s'applique pas de la même façon dans les deux cas :

MéthodeAbattement électriquePlafond d'abattement 2026
Évaluation forfaitaire70 %4 641,60 € / an
Évaluation au réel (dépenses réellement engagées)50 %2 026,30 € / an

Ces deux plafonds sont les valeurs au 01/01/2026 des montants inscrits dans l'arrêté du 25 février 2025 (4 582 € et 2 000,30 €), revalorisés chaque année.

Depuis février 2025, le forfait se calcule sur une base plus élevée qu'avant : pour un véhicule acheté de moins de cinq ans, il est passé de 9 % à 15 % du coût d'achat TTC, et pour un véhicule loué de 30 % à 50 % du coût global annuel. L'abattement de 70 % vient précisément compenser ce durcissement pour l'électrique. Résultat : l'écart entre un thermique et un électrique n'a jamais été aussi marqué sur la fiche de paie.

Un point technique qui change le résultat sur les flottes en location : pour un véhicule loué, avec ou sans option d'achat, l'avantage évalué au forfait est plafonné au montant qui aurait été retenu si l'employeur avait acheté le véhicule, selon les modalités publiées par l'URSSAF. Le prix de référence est alors le prix d'achat TTC par le loueur, rabais compris dans la limite de 30 % du prix conseillé par le constructeur à la date de début du contrat. Autrement dit, un loyer élevé ne fait pas monter l'avantage en nature indéfiniment.

Exemple chiffré : ce que voit le salarié

Prenons un véhicule électrique éligible acheté 40 000 € TTC, mis à disposition en 2026, évalué au forfait (véhicule de moins de 5 ans, employeur ne prenant pas le carburant en charge — le barème forfaitaire applicable est alors de 15 % du coût d'achat) :

  • Avantage en nature brut : 40 000 € × 15 % = 6 000 € par an.
  • Abattement de 70 % : 4 200 € — sous le plafond de 4 641,60 €, il s'applique en entier.
  • Avantage en nature retenu : 1 800 € par an, soit 150 € par mois sur la fiche de paie.

Le même calcul pour un thermique de même prix aboutit à 6 000 € d'avantage en nature, soit 500 € par mois. À package égal, l'avantage en nature retenu passe donc de 6 000 € à 1 800 € par an dans cet exemple, et l'assiette de cotisations liée à cet avantage est réduite d'autant. Ce que le salarié y gagne en net dépend ensuite de sa situation fiscale et sociale. Cet exemple est illustratif : le barème exact dépend de l'âge du véhicule, du mode de financement (achat ou location) et de la prise en charge de l'énergie.

L'électricité payée par l'employeur ne compte pas

Autre spécificité favorable : les frais d'électricité pris en charge par l'employeur pour la recharge du véhicule sont exclus du calcul de l'avantage en nature. L'entreprise peut donc payer la recharge — sur site ou à domicile via une solution dédiée — sans alourdir la fiche de paie du salarié. Pour un thermique, la prise en charge du carburant augmente au contraire le forfait.

De même, jusqu'au 31 décembre 2027, la mise à disposition d'une borne de recharge sur le lieu de travail n'est pas considérée comme un avantage en nature, y compris pour un usage personnel du véhicule.

Un levier RH, pas seulement un levier fiscal

Pour un DRH, cette règle transforme le véhicule électrique en outil de rémunération efficace : à coût employeur égal, le salarié y gagne davantage qu'avec un thermique équivalent. C'est un argument concret de fidélisation et de recrutement — à condition de bien choisir les modèles éligibles à l'éco-score et de documenter les dates de mise à disposition. Notre page dédiée aux enjeux RH de la transition mobilité détaille cette approche.

L'avantage en nature n'est d'ailleurs qu'un des quatre leviers fiscaux du véhicule électrique en entreprise, avec l'exonération des taxes annuelles, l'amortissement et la TVA sur la recharge : notre article de référence sur la fiscalité du véhicule électrique en entreprise en 2026 les passe tous en revue.

À retenir

OTONOM orchestre la transition mobilité, recharge et énergie des entreprises de A à Z : un seul interlocuteur qui choisit les modèles éligibles, structure la politique véhicule et sécurise les règles URSSAF. Réservez un audit gratuit pour chiffrer le gain sur votre flotte.

FAQ — Avantage en nature et véhicule électrique

Quel est l'abattement sur l'avantage en nature d'un véhicule électrique en 2026 ?
En évaluation forfaitaire, l'abattement est de 70 %, dans la limite de 4 641,60 € d'abattement par an en 2026, pour un véhicule 100 % électrique éligible au score environnemental du bonus écologique et mis à disposition entre le 1ᵉʳ février 2025 et le 31 décembre 2027. En évaluation d'après les dépenses réellement engagées, l'abattement est de 50 %, dans la limite de 2 026,30 € par an.
Comment évaluer l'avantage en nature d'un véhicule électrique en location ou en LOA ?
Au forfait, l'avantage est évalué à 50 % du coût global annuel de la location (loyer, entretien, assurance), puis réduit de l'abattement de 70 % si le véhicule est 100 % électrique et éligible. L'évaluation est en outre plafonnée au montant qui aurait été retenu si l'employeur avait acheté le véhicule, le prix de référence étant le prix d'achat TTC par le loueur, rabais compris dans la limite de 30 % du prix conseillé par le constructeur à la date de début du contrat (modalités URSSAF au 01/01/2026).
Un véhicule hybride rechargeable bénéficie-t-il de l'abattement ?
Non. L'abattement est réservé aux véhicules fonctionnant exclusivement à l'électricité. Un hybride, même rechargeable, est évalué comme un véhicule thermique.
L'électricité payée par l'entreprise augmente-t-elle l'avantage en nature ?
Non. Les frais d'électricité engagés par l'employeur pour la recharge d'un véhicule de fonction électrique sont exclus du calcul de l'avantage en nature — contrairement au carburant d'un véhicule thermique.
Que se passe-t-il après le 31 décembre 2027 ?
Le régime actuel (abattement de 70 % et exclusion de l'électricité) est prévu pour les mises à disposition intervenant jusqu'au 31 décembre 2027. Au-delà, sauf prolongation, le droit commun s'appliquera : c'est une fenêtre à saisir, pas un acquis permanent.
Qui peut m'aider à structurer une politique de véhicules de fonction électriques ?
OTONOM, orchestrateur de la transition mobilité, recharge et énergie des entreprises, accompagne le choix des modèles éligibles, le calcul des avantages en nature et la coordination de tous les prestataires — un seul interlocuteur, de A à Z.

Barèmes et plafonds au 01/01/2026, vérifiés le 05/08/2026, donnés à titre indicatif et non contractuel — à confirmer avec votre expert-comptable. Sources : arrêté du 25 février 2025 relatif à l'évaluation des avantages en nature (barèmes forfaitaires, abattements de 50 % et 70 %, bornes de recharge), documentation URSSAF « Les avantages en nature » et doctrine du Bulletin officiel de la Sécurité sociale pour les plafonds revalorisés 2026. Les taux d'abattement de 70 % et 50 % sont des taux légaux ; ce sont les plafonds annuels d'abattement qui limitent le gain, et l'application du régime dépend de l'éligibilité du véhicule, de sa date de mise à disposition et de la méthode d'évaluation retenue.