L'essentiel

Ce que vous pouvez rembourser à un salarié qui recharge chez lui dépend d'abord de qui possède le véhicule.

  • Une compacte à 15 000 km par an, rechargée à 80 % au domicile, consomme 2 040 kWh : 324 € par an en heures creuses, 408 € en base.
  • L'écart entre les deux options tarifaires est de 20,6 %, soit 84 € par an et par véhicule — pour un simple réglage de programmation.
  • Pour un véhicule de l'entreprise 100 % électrique éligible, l'employeur peut rembourser l'intégralité des kilowattheures : les frais d'électricité sont exclus de l'avantage en nature.
  • Le plafond de 50 % cité partout ne vise que les frais de borne : le texte précise « hors frais d'électricité ».
  • Si le véhicule appartient au salarié et que le remboursement se fait au barème kilométrique, la recharge y est déjà comprise — barème majoré de 20 % pour l'électrique.

Règles et tarifs vérifiés le 11/08/2026, indicatifs et non contractuels.

C'est le point aveugle de l'électrification des flottes. L'entreprise achète des véhicules électriques, les collaborateurs les ramènent chez eux le soir, et personne ne sait quoi faire de la facture d'électricité. Les trois réponses qu'on observe sur le terrain sont toutes mauvaises : ne rien rembourser — le salarié paie alors l'énergie de l'entreprise —, rembourser un forfait décidé au doigt mouillé, ou rembourser la facture du foyer, auquel cas l'entreprise paie le chauffage et le lave-linge. Voici le calcul, puis la règle.

Combien coûte réellement une recharge à domicile ?

Le calcul tient en trois grandeurs : les kilomètres, la consommation et le prix du kilowattheure. Prenons un cas de référence qui servira dans tout cet article : une compacte électrique, 17 kWh aux 100 km, 15 000 km par an, rechargée à 80 % au domicile.

Sur l'année, ce véhicule consomme 2 550 kWh, dont 2 040 kWh passent par le compteur du salarié. Reste à les valoriser au tarif réel de son contrat.

Option tarifairePrix du kWhCoût annuelPar mois
Heures creuses0,1589 €324 €27 €
Option base0,2001 €408 €34 €
Heures pleines0,2142 €437 €36 €

Tarif réglementé de vente, grille du 1er août 2026, puissance 6 kVA. L'écart entre heures creuses et option base atteint 20,6 %, soit 84 € par an et par véhicule. Sur une flotte de trente véhicules, environ 2 500 € — pour un réglage de programmation, sans un euro d'investissement.

Ne supposez pas les heures creuses

Un véhicule de fonction se recharge la nuit, donc en heures creuses : c'est faux dans un cas sur deux. Encore faut-il que le salarié ait souscrit l'option, qu'il connaisse ses plages — elles sont déterminées localement et ne sont pas toujours nocturnes — et qu'il programme effectivement la charge. Les trois conditions se vérifient, elles ne se supposent pas.

L'erreur de calcul la plus fréquente

Beaucoup d'estimations ajoutent 10 à 12 % de « pertes de recharge » à la consommation constructeur. C'est un double comptage. La consommation homologuée WLTP est mesurée entre le réseau et le véhicule : elle contient déjà ces pertes. Seule la consommation lue au tableau de bord, mesurée côté batterie, doit être corrigée.

L'écart n'est pas anecdotique : sur notre cas de référence, compter les pertes deux fois gonfle la facture annuelle de 324 à 368 €. Vous rembourseriez 44 € de trop par an et par véhicule, sans justificatif pour le défendre.

Ce que vous avez le droit de rembourser

La réponse dépend d'abord de qui possède le véhicule. C'est l'aiguillage qui manque dans la plupart des notes internes.

Le véhicule appartient à l'entreprise

L'arrêté du 25 février 2025 dispose que l'avantage en nature d'un véhicule mis à disposition « ne tiennent pas compte des frais d'électricité engagés par l'employeur pour la recharge du véhicule ». L'employeur peut donc prendre en charge l'énergie sans que cela s'ajoute à l'assiette des cotisations.

La confusion vient du plafond de 50 % que l'on cite partout. Il existe, mais il concerne les frais liés à la borne — location, entretien, autres coûts d'utilisation — et le même texte précise entre parenthèses « hors frais d'électricité ». Deux règles, deux objets : l'énergie du véhicule d'un côté, l'équipement de l'autre. Nous détaillons ce point dans notre article sur les règles URSSAF du remboursement de recharge à domicile.

Attention toutefois : le régime favorable n'est pas automatique. Il vise les véhicules fonctionnant exclusivement au moyen de l'énergie électrique — un hybride rechargeable en est exclu — et, pour toute mise à disposition postérieure au 1er février 2025, ceux qui respectent une condition de score environnemental. Le détail par situation figure dans qui paie la recharge d'un véhicule de fonction.

Le véhicule appartient au salarié

Tout change. Pour ses déplacements professionnels, le remboursement passe par les indemnités kilométriques ou par les frais réels. Si vous appliquez le barème — majoré de 20 % pour un véhicule électrique —, la recharge y est déjà comprise au titre des frais de carburant : la rembourser en plus reviendrait à payer l'énergie deux fois. C'est l'objet de notre article sur les indemnités kilométriques d'un véhicule électrique.

Pour le trajet domicile-travail, c'est la prime de transport qui s'applique, exonérée jusqu'à 600 € par an. Mais le dispositif est réservé à certains salariés, et il ne se cumule pas avec la prise en charge d'un abonnement de transports publics : voir la prime de transport appliquée au véhicule électrique.

Et si vous financez la borne ?

C'est un régime distinct, et souvent plus favorable qu'on ne l'imagine. Si la borne installée au domicile est retirée à la fin du contrat, la prise en charge est exclue de l'assiette sans plafond. Si le salarié la conserve, l'exclusion est de 50 % des dépenses dans la limite de 1 057,10 €, et de 75 % dans la limite de 1 585,50 € lorsque la borne a plus de cinq ans. Valeurs 2026, revalorisées chaque 1er janvier : le détail est dans borne au domicile du salarié, qui paie et quel régime.

Comment justifier le remboursement ?

C'est la question que personne ne tranche, et la plus risquée. Aucune doctrine officielle n'impose de sous-compteur ni de borne communicante. En revanche, un remboursement de frais professionnels doit correspondre à des dépenses réelles et justifiées. Trois niveaux de preuve coexistent donc, du plus solide au plus fragile : le relevé de borne ou de sous-compteur, l'estimation documentée par les kilomètres, et la simulation sur moyennes. Nous les comparons dans comment justifier un remboursement de recharge à domicile.

Par où commencer

Dans l'ordre : chiffrer ce que la recharge coûte réellement à vos collaborateurs, qualifier chaque situation — véhicule d'entreprise ou personnel, usage privé ou non, éligibilité du véhicule —, puis écrire la règle. Une politique de recharge tient en deux pages et évite l'essentiel des litiges : nous en donnons la trame dans écrire sa politique de recharge.

Le chiffrage se fait en quelques minutes avec notre simulateur de remboursement de recharge à domicile, qui rend aussi le verdict social applicable à votre situation. Et si la question dépasse le cas d'un salarié pour devenir celle du budget énergie de toute la flotte, notre article sur le coût de recharge d'une flotte électrique prend le relais. Et si c'est le calcul de l'avantage en nature du véhicule lui-même qui vous occupe — abattement, plafond, méthode — il fait l'objet d'un article dédié sur l'avantage en nature d'un véhicule électrique.

Questions fréquentes

Combien coûte la recharge à domicile d'un salarié par mois ?
Pour une compacte électrique parcourant 15 000 km par an et rechargée à 80 % au domicile, le coût est d'environ 27 € par mois en heures creuses et 34 € en option base, au tarif réglementé du 1er août 2026. Le montant varie avec le kilométrage, la consommation du véhicule et l'option tarifaire du salarié.
Un employeur peut-il rembourser 100 % de l'électricité de recharge ?
Oui, lorsque le véhicule appartient à l'entreprise, fonctionne exclusivement à l'électricité et respecte, pour une mise à disposition postérieure au 01/02/2025, la condition de score environnemental. Les frais d'électricité sont expressément exclus du calcul de l'avantage en nature, et le plafond de 50 % ne vise que les frais de borne.
Faut-il un sous-compteur pour rembourser la recharge à domicile ?
Aucune doctrine officielle ne l'impose au 11/08/2026. Un remboursement de frais professionnels doit en revanche correspondre à des dépenses réelles et justifiées : un relevé de borne ou de sous-compteur constitue la preuve la plus solide, une estimation documentée par les kilomètres reste défendable si la méthode est écrite et appliquée uniformément.
Que se passe-t-il si le salarié utilise sa propre voiture ?
Le régime change entièrement. Pour les déplacements professionnels, la recharge est réputée comprise dans le barème kilométrique, majoré de 20 % pour un véhicule électrique : aucun remboursement séparé des kilowattheures n'est possible. Pour le trajet domicile-travail, c'est la prime de transport qui s'applique, sous conditions d'éligibilité.
Qu'est-ce qu'OTONOM apporte sur ce sujet ?
OTONOM est l'orchestrateur A à Z de la transition mobilité, recharge et énergie des entreprises. Nous cadrons la politique de recharge, coordonnons l'installation des bornes et chiffrons vos gains lors d'un audit gratuit, avec un seul interlocuteur.

Tarifs de l'électricité relevés sur la grille du tarif réglementé de vente au 1er août 2026, puissance 6 kVA. Règles sociales issues de l'arrêté du 25 février 2025, en vigueur jusqu'au 31/12/2027, plafonds revalorisés chaque 1er janvier. Les coûts et volumes cités sont des calculs OTONOM sur le cas de référence décrit, donnés à titre indicatif et non contractuel — à confirmer avec votre conseil en paie selon votre situation.