Un salarié qui roule avec sa voiture électrique pour le travail est remboursé via le barème kilométrique majoré de 20 %, sans remboursement séparé de l'électricité.
- Pour un véhicule de 5 CV parcourant 15 000 km par an, le barème donne 6 750 €, portés à 8 094 € par la grille dédiée aux véhicules électriques, qui intègre la majoration de 20 % dans des coefficients arrondis.
- Le barème intègre déjà le carburant, donc l'électricité de recharge : la rembourser à part revient à la payer deux fois.
- La location de batterie suit la même règle : comprise dans le barème, non remboursable en plus.
- Deux modalités existent : allocation forfaitaire (barème) ou frais réels sur justificatifs — à demander avant tout calcul.
- La majoration de 20 % vise les véhicules 100 % électriques, pas les hybrides rechargeables.
Barème vérifié sur le BOFiP au 11/08/2026, indicatif et non contractuel.
Un collaborateur roule avec sa propre voiture électrique pour un rendez-vous client, une tournée, un déplacement inter-sites. La paie doit le rembourser. Jusque-là, rien d'inhabituel. Mais dès qu'on ajoute « électrique » à la phrase, deux questions surgissent : le barème change-t-il, et que fait-on de l'électricité consommée en route ? Les deux réponses tiennent en une règle simple, à condition de ne pas la confondre avec celle qui s'applique à un véhicule d'entreprise.
Allocation forfaitaire ou frais réels : la première question à poser
Avant tout calcul, il faut savoir quelle modalité l'entreprise applique pour rembourser les frais professionnels engagés avec un véhicule personnel. Il en existe deux, et elles ne se combinent pas sur un même trajet.
L'allocation forfaitaire consiste à appliquer le barème kilométrique publié chaque année : un montant par kilomètre, qui varie avec la puissance fiscale du véhicule et la distance annuelle parcourue. C'est la modalité la plus courante en entreprise, la plus simple à administrer, et celle sur laquelle porte cet article.
Les frais réels sur justificatifs consistent à rembourser les dépenses effectivement engagées — carburant ou électricité, entretien, assurance, péages — chacune prouvée par une facture ou un relevé. C'est plus lourd à gérer, mais cela change la donne pour l'électricité, comme on le verra plus bas.
Le service paie ou RH sait toujours laquelle des deux modalités s'applique dans votre entreprise. Le demander avant de faire le calcul évite de rembourser deux fois la même dépense, ou de ne pas la rembourser du tout.
Le barème kilométrique 2026, majoré de 20 % pour l'électrique
Le barème forfaitaire résulte de l'arrêté du 27 mars 2023. Il n'a pas été revalorisé depuis : le barème applicable en 2026 est identique à celui de 2023, 2024 et 2025. Il se lit par puissance fiscale (en CV) et par tranche de distance annuelle parcourue à titre professionnel, notée d. Le détail des formules est publié sur le barème officiel du BOFiP.
| Puissance fiscale | Jusqu'à 5 000 km | De 5 001 à 20 000 km | Au-delà de 20 000 km |
|---|---|---|---|
| 3 CV et moins | d × 0,529 | (d × 0,316) + 1 065 | d × 0,370 |
| 4 CV | d × 0,606 | (d × 0,340) + 1 330 | d × 0,407 |
| 5 CV | d × 0,636 | (d × 0,357) + 1 395 | d × 0,427 |
| 6 CV | d × 0,665 | (d × 0,374) + 1 457 | d × 0,447 |
| 7 CV et plus | d × 0,697 | (d × 0,394) + 1 515 | d × 0,470 |
Un véhicule de plus de 7 CV n'est pas exclu du barème, mais il n'ouvre pas droit à davantage : le calcul est plafonné au tarif applicable à 7 CV. C'est le sens de la dernière ligne, « 7 CV et plus » — elle s'applique quelle que soit la puissance réelle au-delà. Pour un véhicule fonctionnant exclusivement à l'électricité, le résultat obtenu avec ce tableau est ensuite majoré de 20 %. Les hybrides rechargeables restent sur le barème standard, sans majoration.
Un exemple chiffré
Prenons un véhicule électrique de 5 CV, utilisé pour 15 000 km de déplacements professionnels dans l'année. La distance se situe dans la tranche 5 001–20 000 km : (15 000 × 0,357) + 1 395 = 6 750 €. La grille dédiée aux véhicules électriques publiée par l'administration, qui intègre la majoration de 20 % dans des coefficients arrondis, donne 8 094 € à verser sur l'année, tous frais de véhicule compris — carburant, entretien, assurance, dépréciation.
Le piège du double remboursement
C'est le point que la plupart des politiques de frais internes ignorent, et l'erreur la plus fréquente sur ce sujet. Le barème kilométrique n'est pas qu'un forfait « kilomètres » : il couvre forfaitairement l'amortissement du véhicule, l'entretien, les pneumatiques, l'assurance, et le carburant. Pour un véhicule électrique, l'électricité de recharge tient la place du carburant dans cette liste.
Rembourser les indemnités kilométriques et rembourser en plus les kilowattheures rechargés — sur facture, sur relevé de borne ou au forfait — revient à payer l'énergie du même trajet deux fois. C'est une confusion fréquente entre le régime du véhicule d'entreprise, où l'employeur peut effectivement prendre en charge l'électricité sans plafond, et celui du véhicule personnel, où elle est déjà incluse dans le barème. Ce cumul est identifiable lors d'un contrôle et redressable.
La même logique s'applique à la location de batterie, fréquente sur certains modèles électriques : c'est une dépense d'utilisation du véhicule, réputée comprise dans le barème au même titre que l'entretien. Elle ne se rembourse pas séparément si l'allocation forfaitaire est appliquée.
Et si l'entreprise applique les frais réels ?
Le calcul change. En frais réels sur justificatifs, l'entreprise ne s'appuie plus sur le barème forfaitaire mais rembourse les dépenses réellement engagées, prouvées une à une. Dans ce cas, l'électricité consommée pour les trajets professionnels peut être remboursée en tant que dépense propre, distincte du reste — à condition de disposer d'un justificatif exploitable et d'une méthode pour isoler la part professionnelle de la consommation totale du véhicule. Cette modalité est plus rigoureuse à mettre en place, mais elle évite le piège du cumul puisqu'il n'y a alors, par construction, plus de barème forfaitaire à côté. Le détail des justificatifs qui tiennent devant un contrôle est traité dans notre article sur les justificatifs de remboursement de recharge à domicile.
Ce qu'il faut vérifier avant de rembourser un salarié
Trois points à confirmer avant tout versement :
- Quelle modalité l'entreprise applique — allocation forfaitaire ou frais réels — pour ce type de déplacement.
- Que le véhicule est bien 100 % électrique et non hybride rechargeable, seul cas ouvrant droit à la majoration de 20 %.
- Qu'aucun remboursement séparé d'électricité, de location de batterie ou d'entretien ne vient s'ajouter au barème sur les mêmes kilomètres.
Pour un DAF, ce dernier point est le plus sensible : un cumul non détecté sur une flotte de véhicules personnels se répète chaque mois, sur chaque bulletin, et se chiffre vite en plusieurs milliers d'euros de risque cumulé. Nos équipes en discutent régulièrement avec les directions financières qui structurent leur politique de mobilité.
Le cas du domicile-travail est différent
Tout ce qui précède concerne les déplacements professionnels — un rendez-vous, une tournée, un site distant. Le trajet domicile-travail obéit à une autre règle : la prime de transport, exonérée jusqu'à 600 € par an pour un véhicule électrique, sous conditions d'éligibilité et sans cumul possible avec la prise en charge d'un abonnement de transports en commun. Nous détaillons ce dispositif dans notre article sur la prime de transport et le véhicule électrique.
Et si le véhicule utilisé n'appartient pas au salarié mais à l'entreprise, la règle change une nouvelle fois : l'employeur peut alors prendre en charge l'intégralité de l'électricité de recharge, sans lien avec un barème kilométrique. Nous posons l'ensemble des cas — véhicule personnel ou d'entreprise, déplacement professionnel ou domicile-travail — dans notre article pilier, recharge à domicile d'un salarié : coût réel et remboursement.
Simplifier le calcul
Entre le barème, la majoration, la modalité applicable et le risque de cumul, le calcul se fait vite à la main mais se vérifie difficilement en série, sur toute une équipe. Notre simulateur de remboursement de recharge à domicile pose les bonnes questions et rend le montant applicable à chaque situation, en quelques minutes.
OTONOM est l'orchestrateur A à Z de la transition mobilité, recharge et énergie des entreprises : un seul interlocuteur pour cadrer votre politique de remboursement, coordonner les prestataires concernés et sécuriser le calcul face à un contrôle. Réservez un audit gratuit pour faire le point sur votre flotte de véhicules personnels.
Questions fréquentes
Le barème kilométrique est-il majoré pour un véhicule électrique en 2026 ?
Peut-on rembourser les frais de recharge en plus des indemnités kilométriques ?
Le barème kilométrique s'arrête-t-il à 7 CV ?
Comment calculer les indemnités kilométriques d'un véhicule électrique de 5 CV et 15 000 km ?
La location de batterie d'un véhicule électrique est-elle remboursée en plus du barème ?
Qu'est-ce qu'OTONOM apporte sur le remboursement des frais de véhicule électrique ?
Barème kilométrique vérifié sur le BOFiP (BOI-BAREME-000001) au 11/08/2026, issu de l'arrêté du 27 mars 2023, non revalorisé depuis. Majoration de 20 % réservée aux véhicules fonctionnant exclusivement à l'électricité. Ces éléments sont donnés à titre indicatif et non contractuel — à confirmer avec votre expert-comptable ou votre conseil en paie selon votre situation.