L'essentiel

Un pilotage de charge maintient l'appel de puissance du site sous sa puissance souscrite et évite, dans de nombreuses configurations, de renforcer le raccordement.

  • Un point de charge en courant alternatif est dimensionné pour 7, 11 ou 22 kW : 8 véhicules branchés à 18 h sur des points de 11 kW ajoutent jusqu'à 88 kW à l'appel du site.
  • Sur un site souscrivant 100 kVA (hypothèse OTONOM), le seuil de contrôle retenu est d'environ 93 kW ; l'appel monte alors à 148 kW.
  • Au-delà de 36 kVA souscrits, un dépassement est généralement facturé via la composante mensuelle des dépassements (CMDPS) du TURPE plutôt que coupé — grille du 1er août 2026 au 31 juillet 2027 ; protections, raccordement et contrat restent déterminants.
  • Heures creuses réformées : 8 heures par jour, dont au moins cinq heures consécutives la nuit et jusqu'à 3 heures entre 11 h et 17 h, principalement l'été ; déploiement progressif du 1er novembre 2025 à fin 2027, tous clients.

Règles TURPE et heures creuses vérifiées au 05/08/2026 ; chiffres d'exemple = hypothèses OTONOM, non contractuelles.

Quand une entreprise électrifie sa flotte, elle scrute le prix des véhicules et celui des bornes. Le poste qui la surprend six mois plus tard n'est ni l'un ni l'autre : c'est la facture d'électricité du site — et rarement à cause du prix du kilowattheure. Le vrai sujet s'appelle la puissance souscrite. Voici pourquoi une recharge non pilotée la fait déraper, et comment le lissage de charge permet d'accueillir une flotte entière sans changer de raccordement.

Le vrai risque n'est pas le prix du kWh, c'est la puissance

Une facture d'électricité professionnelle rémunère deux choses distinctes : l'énergie consommée (les kWh) et la puissance mise à disposition (les kVA ou kW souscrits). La part « puissance » est un abonnement : elle se paie toute l'année, que l'on s'en serve ou non.

Le seuil qui change tout est 36 kVA de puissance souscrite. En deçà, la limitation est d'abord physique : le disjoncteur coupe. Au-delà, dans les configurations tarifaires concernées, le tarif d'utilisation des réseaux publics d'électricité (TURPE) facture les dépassements par une composante dédiée, la composante mensuelle des dépassements de puissance souscrite (CMDPS). Un dépassement devient alors d'abord un sujet de facture — sans cesser d'être un sujet technique : les protections installées, le dimensionnement du raccordement et les clauses du contrat restent déterminants, et tout site au-delà de 36 kVA n'est pas automatiquement placé sous ce régime. La grille tarifaire en vigueur découle de la délibération n° 2026-105 de la Commission de régulation de l'énergie du 21 mai 2026, applicable du 1ᵉʳ août 2026 au 31 juillet 2027.

Or la recharge de véhicules est, par nature, un usage de pointe : un point de charge en courant alternatif est dimensionné pour 7, 11 ou 22 kW, la puissance réellement appelée dépendant de la borne, du véhicule, du câble de charge et du pilotage éventuel. Il suffit que plusieurs véhicules se branchent en même temps pour que l'appel de puissance du site change d'échelle — pas sa consommation annuelle, son pic.

Ce qui se passe quand tout le monde branche à 18 h

Prenons un site tertiaire dont la puissance souscrite est de 100 kVA. Dans la configuration retenue pour cet exemple, le contrôle des dépassements porte sur une puissance active obtenue en appliquant un facteur de 0,93 à la puissance apparente souscrite — soit un seuil d'environ 93 kW. Ce facteur dépend du domaine de tension, de l'option tarifaire et du contrat d'acheminement : ce n'est pas une conversion physique universelle, et il se lit sur le contrat du site. En fin de journée, le bâtiment en appelle déjà une soixantaine. On y installe 10 points de charge de 11 kW pour la flotte, sans pilotage :

  • À 18 h, 8 véhicules rentrent et se branchent : jusqu'à 88 kW d'appel supplémentaire si tous chargent à pleine puissance.
  • L'appel total du site monte jusqu'à environ 148 kW — plus de 50 % au-dessus du seuil de 93 kW.
  • Conséquence : une composante de dépassement facturée mois après mois, ou un saut forcé vers une souscription bien supérieure… payée ensuite 12 mois sur 12, y compris en août à 3 h du matin.

Scénario illustratif construit par OTONOM au 05/08/2026 : puissance souscrite, appel du bâtiment, nombre et puissance des points sont des hypothèses de travail, à remplacer par la courbe de charge réelle du site.

Le paradoxe est que ces 8 véhicules resteront branchés toute la nuit : ils n'avaient aucun besoin de charger tous en même temps à 18 h. C'est exactement le problème que résout le pilotage.

Le lissage de charge : répartir sans pénaliser personne

Un système de pilotage énergétique — un EMS (Energy Management System) — mesure l'appel de puissance du site et répartit la puissance restante entre les véhicules branchés : il module, décale ou alterne les charges pour que le total ne franchisse jamais le seuil fixé. Les règles typiques :

  • Plafond global : la somme « bâtiment + recharge » reste sous la puissance souscrite, en toutes circonstances.
  • Priorités : le véhicule qui repart tôt demain charge d'abord ; celui qui dort trois jours attend son tour.
  • Étalement vers les heures creuses : les charges longues sont déplacées vers les heures où le bâtiment ne consomme presque rien — et où l'électricité coûte moins cher. La nuit, le plus souvent ; l'après-midi aussi, désormais, sur une partie des contrats et principalement en été.

Résultat : chaque véhicule est plein à l'heure prévue de son départ, et le site n'a souvent ni renforcement de raccordement, ni saut de puissance souscrite à financer. C'est ce principe que nous illustrons sur notre schéma EMS en page d'accueil.

À retenir

Un EMS bien réglé maintient l'appel de puissance total d'un site sous sa puissance souscrite en répartissant la charge entre les véhicules branchés. Dans beaucoup de configurations, il permet d'installer une flotte complète de points de charge sans renforcer le raccordement électrique.

Recharger quand l'électricité coûte moins cher

Le deuxième gain du pilotage est tarifaire. Les contrats professionnels distinguent des plages horaires aux prix très différents : déplacer la recharge vers les heures creuses réduit le coût du kilomètre électrique, sans rien changer au kilométrage parcouru. Une flotte qui dort sur site est le candidat idéal — le véhicule se moque de savoir à quelle heure il a été rechargé, pas votre facture.

Un point d'actualité à intégrer dans la stratégie horaire : le placement des heures creuses est en train d'être réformé, à la suite de la décision de la Commission de régulation de l'énergie sur le TURPE 7. Le volume reste de 8 heures creuses par jour, mais leur répartition change : au moins cinq heures consécutives la nuit, et jusqu'à 3 heures placées entre 11 h et 17 h — des heures d'après-midi principalement estivales, et non un bloc quotidien permanent toute l'année, la réforme introduisant un placement différent en été et en hiver.

Le calendrier, lui, doit se lire avec prudence. Enedis met en œuvre la réforme de façon progressive, du 1ᵉʳ novembre 2025 à fin 2027, pour l'ensemble des clients disposant d'une offre heures pleines / heures creuses — résidentiels, professionnels et industriels — et indique traiter les clients professionnels en fin de chantier. Aucune date individuelle n'est garantie : c'est votre fournisseur qui notifiera vos nouvelles plages. Autrement dit, au 05/08/2026, une partie des sites d'entreprise n'a pas encore basculé, mais un pilotage qui suppose que « heures creuses = nuit » devra être reparamétré le moment venu. C'est plutôt une bonne nouvelle pour un parking de salariés, dont les véhicules sont justement branchés en milieu de journée — en été surtout.

À retenir

La réforme des heures creuses conserve un volume de 8 heures par jour, dont au moins cinq heures consécutives la nuit, et permet d'en placer jusqu'à 3 entre 11 h et 17 h, principalement en été. Le déploiement est progressif du 1ᵉʳ novembre 2025 à fin 2027, pour les clients résidentiels, professionnels et industriels. Un pilotage de recharge paramétré uniquement sur la nuit devra être revu lorsque le site basculera.

Ce raisonnement rejoint le calcul global de coût de possession : l'énergie est l'un des trois postes où l'électrique creuse l'écart avec le thermique, comme le détaille notre article sur le TCO d'un véhicule électrique en entreprise.

Ce qu'un pilotage bien réglé change concrètement

Sans pilotageAvec EMS
Pics de puissance au retour des véhiculesAppel total maintenu sous le seuil souscrit
Composante de dépassement facturée, ou sur-souscription permanentePuissance souscrite conservée, payée au juste niveau
Recharge au fil de l'eau, aux heures chèresCharges déplacées vers les heures creuses
Raccordement à renforcer pour s'agrandirPoints de charge ajoutés à raccordement constant

Le dimensionnement du seuil, les priorités de charge et la stratégie horaire dépendent du profil de consommation du bâtiment et des rotations de la flotte : c'est un réglage d'ingénierie, pas une case à cocher chez l'installateur.

L'approche OTONOM : l'énergie et la mobilité se règlent ensemble

C'est le cœur de notre conviction : bornes, contrat d'électricité et véhicules ne s'optimisent pas séparément. OTONOM audite le profil électrique du site avant de dimensionner la recharge, spécifie le pilotage, met en concurrence installateurs et énergéticiens, puis vérifie sur facture que les gains sont là. Un seul interlocuteur, de A à Z — voir notre méthode et notre page services généraux pour l'exploitation au quotidien.

FAQ — Recharge pilotée et puissance souscrite

Qu'est-ce que le lissage de charge (ou pilotage de la recharge) ?
C'est la répartition automatique de la puissance disponible d'un site entre les véhicules électriques branchés, assurée par un système de gestion de l'énergie (EMS) : les charges sont modulées, alternées ou décalées pour que l'appel de puissance total reste sous un seuil défini, sans empêcher aucun véhicule d'être plein à l'heure de son départ.
Installer des bornes oblige-t-il à augmenter la puissance souscrite du site ?
Pas nécessairement. Si les temps de stationnement sont longs (salariés, flotte dormant sur site), un pilotage de la charge permet souvent d'absorber l'ensemble des recharges dans la puissance déjà souscrite, en étalant les charges sur la durée de stationnement.
Qu'est-ce qu'un EMS pour la recharge de véhicules électriques ?
Un EMS (Energy Management System) est le système qui mesure la consommation d'un site et pilote ses usages flexibles — au premier rang desquels la recharge : plafonnement de l'appel de puissance, priorités entre véhicules, déplacement des charges vers les heures creuses.
Que coûte un dépassement de puissance souscrite ?
Au-delà de 36 kVA de puissance souscrite, et dans les configurations tarifaires concernées, un dépassement se traduit généralement par une facturation plutôt que par une coupure : le gestionnaire de réseau applique la composante mensuelle des dépassements de puissance souscrite (CMDPS) du TURPE, dont la grille est fixée par la Commission de régulation de l'énergie (grille applicable du 1ᵉʳ août 2026 au 31 juillet 2027). En deçà de 36 kVA, c'est le disjoncteur qui limite. Ce n'est pas une règle universelle : les protections installées, le raccordement et le contrat déterminent le comportement réel du site. Le montant, lui, dépend du domaine de tension, de l'ampleur et de la durée des dépassements. C'est précisément ce qu'un audit énergétique chiffre sur facture.
Faut-il recharger la nuit ou l'après-midi ?
Cela dépend de vos plages d'heures creuses, qui évoluent. La réforme décidée par la Commission de régulation de l'énergie dans le cadre du TURPE 7 conserve 8 heures creuses par jour, dont au moins cinq heures consécutives la nuit, et permet d'en placer jusqu'à 3 entre 11 h et 17 h, principalement en été. Enedis déploie ce nouveau placement progressivement du 1ᵉʳ novembre 2025 à fin 2027, pour les clients résidentiels, professionnels et industriels. Une flotte qui dort sur site profite de la fenêtre nocturne ; un parking de salariés, stationnés en journée, profitera de la fenêtre d'après-midi lorsque celle-ci s'applique.
Qui règle le pilotage énergétique d'un site avec une flotte électrique ?
OTONOM, orchestrateur de la transition mobilité, recharge et énergie des entreprises : audit du profil électrique, spécification de l'EMS, coordination des installateurs et de l'énergéticien, puis vérification des gains sur facture — un seul interlocuteur, de A à Z.

Règles de tarification du réseau (TURPE, composante mensuelle des dépassements de puissance souscrite) vérifiées le 05/08/2026 auprès de Légifrance et de la Commission de régulation de l'énergie ; calendrier et modalités de la réforme des heures creuses vérifiés le 05/08/2026 auprès d'Enedis. Les exemples chiffrés sont des hypothèses de travail OTONOM, pas des relevés de marché : la facturation dépend du contrat de fourniture, du domaine de tension et du raccordement de chaque site. Information indicative et non contractuelle — à confirmer avec votre fournisseur d'électricité et votre gestionnaire de réseau. Réservez un audit gratuit pour chiffrer le potentiel de votre site.