Le TCO d'un véhicule électrique additionne sept postes sur la durée de détention : acquisition nette de revente, énergie, fiscalité, entretien, assurance, infrastructure de recharge et gestion.
- Cas type modélisé par OTONOM — 30 compactes à 25 000 km/an sur 48 mois : 42 912 € de TCO par véhicule électrique contre 45 876 € en diesel, soit 88 899 € d'écart sur la flotte.
- Sur 100 000 km, l'énergie revient à 3 727 € en électrique contre 9 057 € en diesel, et les taxes annuelles et malus à 0 € contre 6 275 € (modélisation OTONOM).
- Règle officielle au 01/01/2026 : la TVA sur l'électricité de recharge est déductible selon le droit commun (usage professionnel, facture au nom de l'entreprise), contre 80 % pour l'essence et le gazole des véhicules de tourisme.
- À 12 000 km/an et en recharge majoritairement publique, l'électrique ressort à 1 872 € plus cher par véhicule : tout dépend du profil de roulage.
Barèmes au 01/01/2026, indicatifs et non contractuels ; montants issus du moteur de calcul OTONOM, sur ses propres hypothèses.
Comparer un véhicule électrique et un thermique sur le prix d'achat, c'est comparer deux icebergs à la hauteur de leur partie émergée. L'indicateur de comparaison de référence est le TCO — Total Cost of Ownership, ou coût total de possession : tout ce que le véhicule coûte réellement à l'entreprise, de la commande à la revente. Voici la méthode de calcul poste par poste, les endroits précis où l'électrique creuse l'écart, et les pièges qui faussent les comparaisons.
Le TCO, mesure de référence du coût d'un véhicule
Le TCO agrège l'ensemble des coûts d'un véhicule sur sa durée de détention (généralement 36 à 60 mois), ramenés au mois ou au kilomètre. Il permet de comparer des solutions aux structures de coût opposées : l'électrique concentre son coût à l'achat puis coûte peu à l'usage ; le thermique fait l'inverse. Un dirigeant ou un DAF qui arbitre sur le seul loyer ou le seul prix catalogue se trompe systématiquement — dans un sens ou dans l'autre.
Le TCO ne dit pas tout pour autant. Il mesure un coût économique complet, pas un besoin de trésorerie, pas un risque, pas un impact bilanciel : un directeur financier doit lire les trois à côté. Le mode de financement, en particulier, déplace fortement le profil de décaissement sans changer le coût complet du même montant — c'est l'objet de notre comparatif achat, crédit, LLD ou LOA.
Cette méthode se met en œuvre en quelques minutes sur vos propres données : nombre de véhicules, kilométrage, mode de financement et organisation de la recharge. Ouvrir le simulateur de TCO flotte électrique →
Les postes à intégrer, sans exception
| Poste | Ce qu'il recouvre |
|---|---|
| Acquisition | Prix ou loyers, remises, valeur résiduelle à la revente |
| Énergie | Carburant ou électricité, selon les lieux réels de recharge |
| Fiscalité | Taxes annuelles, amortissement déductible, TVA récupérable, avantage en nature |
| Entretien | Révisions, pièces d'usure, pneumatiques |
| Assurance | Prime, franchise, sinistralité de la flotte |
| Infrastructure | Quote-part des bornes et de leur exploitation (souvent oubliée) |
| Gestion | Temps administratif, cartes énergie, télépéage |
Deux remarques d'expérience : la valeur résiduelle est le poste le plus sensible du calcul (quelques points d'écart changent le classement final), et la quote-part d'infrastructure de recharge doit figurer dans le TCO de l'électrique — l'omettre flatte artificiellement le résultat, la surcharger le condamne injustement.
Là où l'électrique creuse l'écart
Trois postes font la différence structurelle en faveur de l'électrique pour un usage d'entreprise :
- L'énergie : au kilomètre, l'électricité — surtout rechargée sur site ou en heures creuses — coûte nettement moins cher que l'essence ou le gazole. Et la TVA sur l'électricité de recharge relève du droit commun de la déduction — donc récupérable intégralement lorsque la dépense sert l'activité et que la facture est au nom de l'entreprise —, contre 80 % seulement pour l'essence et le gazole des véhicules de tourisme (règles au 01/01/2026).
- L'entretien : pas de vidange, pas d'embrayage, pas de courroie, un freinage moins sollicité par la récupération d'énergie. L'écart est réel mais plus modeste qu'on ne le dit, car les pneumatiques s'usent plus vite sur un véhicule plus lourd. Sur notre cas type ci-dessous, le poste entretien + pneumatiques ressort à 3 720 € par véhicule sur 48 mois en électrique, contre 4 500 € en thermique.
- La fiscalité : au 01/01/2026, l'électrique cumule un montant nul aux deux taxes annuelles sur l'affectation des véhicules de tourisme (ex-TVS), un amortissement déductible plafonné à 30 000 € pour un véhicule émettant moins de 20 g de CO₂/km (contre 18 300 € de 50 à 160 g, et 9 900 € au-delà de 160 g) et un abattement de 70 % sur l'avantage en nature, dans une fenêtre qui se referme au 31/12/2027. Le détail est dans notre article de référence sur la fiscalité du véhicule électrique en entreprise et notre analyse de l'avantage en nature du véhicule électrique.
Exemple chiffré : compacte, 48 mois, 25 000 km/an
Cas type calculé par notre moteur : 30 compactes, achat comptant, 48 mois, 25 000 km/an (soit 100 000 km), retour au dépôt chaque nuit, mise en service en juillet 2026. Montants TTC par véhicule sur les quatre ans, avant effet fiscal — l'économie d'impôt est présentée à part, jamais fondue dans le TCO.
Les hypothèses qui portent ce tableau, à lire avec lui : hypothèses OTONOM au 01/01/2026 — prix d'acquisition 38 400 € TTC en électrique et 31 200 € en diesel, valeurs résiduelles de 33 % et 42 % à 48 mois, mix de recharge 90 % sur site ou à domicile et 10 % en public, coût du capital immobilisé de 5 % par an. Aucune de ces valeurs n'est un barème officiel ni une moyenne de marché relevée : ce sont les paramètres de notre scénario de référence, tous modifiables dans le simulateur. Les règles fiscales appliquées (taxes annuelles, malus, plafonds d'amortissement, TVA) sont, elles, celles en vigueur aux dates concernées.
| Poste (48 mois, par véhicule) — hypothèses OTONOM au 01/01/2026 | Thermique (diesel) | Électrique |
|---|---|---|
| Acquisition nette de revente | 18 096 € | 25 728 € |
| Coût du capital immobilisé | 4 468 € | 5 161 € |
| Énergie (100 000 km) | 9 057 € | 3 727 € |
| Entretien + pneumatiques | 4 500 € | 3 720 € |
| Assurance | 2 880 € | 3 240 € |
| Taxes annuelles + malus | 6 275 € | 0 € |
| Gestion de parc | 600 € | 600 € |
| Quote-part d'infrastructure | — | 737 € |
| TCO opérationnel | 45 876 € | 42 912 € |
Soit un écart de 2 963 € par véhicule sur la période, ou 88 899 € sur la flotte de 30. C'est nettement moins spectaculaire que les écarts souvent avancés — parce que ce calcul porte l'acquisition en TTC (la TVA n'est pas récupérable sur une voiture particulière), la quote-part des bornes et le coût du capital immobilisé, trois postes que la plupart des comparatifs laissent dehors.
À l'inverse, un profil « petit rouleur, recharge majoritairement sur bornes publiques » inverse le résultat : sur le même parc à 12 000 km/an et en recharge itinérante, notre moteur donne 1 872 € de surcoût par véhicule pour l'électrique. C'est tout l'intérêt de calculer sur vos usages plutôt que sur une moyenne.
Dans de nombreux profils modélisés par OTONOM — roulage régulier, retour au dépôt, recharge majoritairement sur site —, le TCO d'un véhicule électrique d'entreprise ressort inférieur à celui d'un thermique équivalent, grâce à l'énergie, à l'entretien et à la fiscalité. Ce n'est pas une conclusion générale tirée d'une étude représentative du parc français : le résultat dépend du profil de roulage et des lieux de recharge, et se calcule au cas par cas.
Les pièges qui faussent les comparaisons
- Comparer des segments différents : l'électrique « équivalent » doit l'être en taille, prestations et motorisation réelle.
- Prendre le prix public de l'électricité rapide comme référence alors qu'une flotte qui rentre au dépôt chaque nuit recharge l'essentiel de son énergie sur site, à un tarif bien inférieur. C'est l'hypothèse que nous retenons pour ce profil : 90 % sur site ou à domicile, 10 % en public. À vérifier sur vos propres relevés — c'est le paramètre que les entreprises surestiment le plus souvent.
- Ignorer la courbe de valeur résiduelle, qui s'est stabilisée pour l'électrique récent mais reste plus incertaine que celle d'un thermique — d'où l'intérêt de la location longue durée pour transférer ce risque.
- Oublier que la fiscalité est datée : les avantages fiscaux actuels sont des fenêtres, pas des acquis. Un calcul de TCO sérieux les date et les documente.
- Appliquer un barème annuel à cheval sur une date d'entrée en vigueur : les tarifs des taxes annuelles changent en cours d'année, et le montant dû se prorate sur la période d'affectation du véhicule. Un TCO calculé « en année pleine » sur le mauvais tarif se trompe dès la première ligne.
Ce que le calcul sait de 2027 à 2030, et ce qu'il suppose
Un TCO sur 48 mois démarré en juillet 2026 traverse quatre millésimes fiscaux. Autant dire lesquels sont connus et lesquels sont posés en hypothèse.
| Millésime | Taxe annuelle sur les polluants atmosphériques (véhicules de tourisme) | Nature |
|---|---|---|
| À compter du 1ᵉʳ mars 2026 | 0 € en catégorie E, 130 € en catégorie 1, 650 € pour les véhicules les plus polluants | Règle officielle (art. L. 421-135 du CIBS) |
| 2027 | 0 € / 160 € / 800 € | Règle officielle, déjà publiée |
| 2028 à 2030 | Valeurs 2027 reconduites | Hypothèse OTONOM, faute de texte publié |
Deux conséquences pratiques. D'abord, les tarifs de 130 € et 650 € s'appliquent à compter du 1ᵉʳ mars 2026, et non depuis le 1ᵉʳ janvier : pour l'année 2026, le montant effectivement dû dépend de la période d'affectation du véhicule et de la proratisation prévue par le CIBS. Notre cas de référence met les véhicules en service en juillet 2026, donc après cette date : les tarifs de 130 € et 650 € y sont bien les tarifs applicables. Ensuite, les tarifs 2027 ne sont pas une projection : ils sont déjà fixés à 160 € et 800 €. Seuls les millésimes 2028 à 2030 sont reconduits en hypothèse — ils pèsent sur la fin de période du cas chiffré, et méritent d'être testés séparément.
Passer du calcul à la décision
Un TCO n'a de valeur que s'il repose sur vos données : kilométrages réels, temps d'immobilisation, lieux de recharge possibles, échéances de renouvellement. C'est le premier livrable d'un accompagnement OTONOM : nous auditons le parc, calculons le coût complet de chaque scénario — véhicules, recharge et énergie ensemble, car les trois s'optimisent l'un par l'autre — puis coordonnons tous les prestataires jusqu'aux résultats chiffrés. Notre page dédiée aux DAF résume cette approche par les coûts, et notre méthode le déroulé complet.
Les cinq questions que ce calcul soulève
Un TCO se résume à un chiffre, mais il repose sur cinq décisions qui méritent chacune leur propre analyse. Nous les avons traitées séparément, avec le même moteur et les mêmes hypothèses.
- La valeur de revente est la variable la plus déterminante et la plus incertaine du calcul : un seul point d'écart déplace le résultat de milliers d'euros par véhicule. Nous l'avons mesurée dans valeur résiduelle d'un véhicule électrique.
- Le lieu de recharge pèse davantage que le prix du kilowattheure : entre une flotte qui rentre au dépôt et une flotte itinérante, l'écart se compte en dizaines de milliers d'euros. Voir le coût réel de la recharge d'une flotte.
- Le mode de financement déplace le montant du gain sans en changer le signe, mais il change tout à la trésorerie. Voir achat, crédit, LLD ou LOA.
- L'infrastructure de recharge est le poste que la plupart des comparaisons oublient, et celui qui surprend six mois après la décision. Voir combien coûtent les bornes d'une flotte.
- L'utilitaire ne suit pas les mêmes règles fiscales que la voiture de tourisme, et sa bascule se joue à un tout autre kilométrage. Voir le TCO d'un utilitaire électrique.
FAQ — TCO et véhicule électrique
Qu'est-ce que le TCO d'un véhicule d'entreprise ?
Un véhicule électrique coûte-t-il moins cher qu'un thermique en entreprise ?
La TVA est-elle récupérable sur l'électricité de recharge ?
Quelle durée retenir pour un calcul de TCO ?
Qui peut calculer le TCO de ma flotte ?
Barèmes fiscaux 2026 (plafonds d'amortissement, taxes annuelles sur l'affectation des véhicules de tourisme, malus CO₂, TVA sur les carburants, abattement sur l'avantage en nature) vérifiés le 05/08/2026 auprès de Service-Public Entreprendre, du BOFiP et de Légifrance. Les tarifs 2027 de la taxe sur les polluants atmosphériques (160 € et 800 €) sont déjà publiés ; seuls les millésimes 2028 à 2030 sont reconduits à l'identique faute de texte, ce qui pèse sur la fin de période du cas chiffré. Résultats issus du moteur de calcul OTONOM sur un cas de 30 compactes, 25 000 km/an, 48 mois, achat comptant, recharge au dépôt la nuit, mise en service en juillet 2026 — donc postérieure au 1ᵉʳ mars 2026, date d'entrée en vigueur des tarifs de 130 € et 650 € ; prix des véhicules, valeurs résiduelles, consommations et prix de l'énergie sont des hypothèses OTONOM au 01/01/2026, toutes paramétrables — les valeurs résiduelles en particulier ne reposent sur aucun barème public et sont à confirmer auprès d'un loueur. Montants indicatifs et non contractuels, à confirmer avec votre expert-comptable sur vos données réelles. Réservez un audit gratuit pour un calcul sur votre flotte.