Une politique de recharge écrite, en deux pages, fixe qui est concerné, où recharger, ce qui est remboursé, ce qui ne l'est pas, le sort de la borne au départ du salarié, et l'égalité de traitement entre collaborateurs.
- Le régime social dérogatoire de l'électricité rechargée à domicile s'applique jusqu'au 31/12/2027, et les plafonds de borne sont revalorisés chaque 1ᵉʳ janvier.
- Pour une compacte électrique (17 kWh/100 km, 15 000 km/an, 80 % à domicile) : 324 €/an en heures creuses contre 408 € en option base (tarif du 01/08/2026).
- Une borne au domicile ouvre droit, au 01/01/2026, à un abattement de 50 % (plafond 1 057,10 €) si elle a cinq ans ou moins, 75 % au-delà (plafond 1 585,50 €).
- Aucune doctrine URSSAF n'impose de méthode de mesure de l'électricité rechargée : la politique interne doit la fixer avant le premier remboursement.
Barèmes au 01/01/2026, tarifs réglementés au 01/08/2026, indicatifs et non contractuels — à confirmer avec votre expert-comptable.
Un salarié roule en véhicule électrique, recharge chez lui, demande un remboursement. Sans règle écrite, chaque cas se négocie au coup par coup — et le premier désaccord fait jurisprudence en interne, pour de mauvaises raisons. Une politique de recharge répond à cette situation avant qu'elle se pose : elle tient en deux pages, elle qualifie les situations, elle fixe une méthode. Voici, section par section, ce qu'elle doit contenir et pourquoi.
1. Qui est concerné
La première section qualifie, elle ne promet rien. Trois critères suffisent :
- Le type de mise à disposition : véhicule de fonction (usage privé autorisé) ou véhicule de service (usage strictement professionnel). Le régime social de l'avantage en nature ne s'applique qu'au premier.
- La motorisation : le régime dérogatoire de recharge suppose un véhicule fonctionnant exclusivement à l'électricité. Un hybride rechargeable n'y ouvre pas droit.
- La date de mise à disposition : pour tout véhicule mis à disposition après le 01/02/2025, une condition d'éco-score s'ajoute, en plus de l'exclusivité électrique.
Cette qualification détermine si le salarié entre dans le champ de la politique. Sans elle, l'entreprise risque de promettre un remboursement à un salarié qui n'y a pas droit — ou, inversement, d'en priver un salarié éligible faute de savoir qu'il l'est. Le détail du régime applicable au véhicule de fonction est traité dans l'article sur qui paie la recharge d'un véhicule de fonction.
Une politique de recharge tient sur deux pages. Au-delà, elle devient un document que personne ne relit — et donc une règle que personne n'applique.
2. Où recharger en priorité
La politique hiérarchise trois lieux de recharge, du plus économique au plus coûteux pour l'entreprise.
L'écart tarifaire mérite d'être chiffré dans la politique elle-même : sur le cas de référence, la même énergie revient à 324 € par an en heures creuses, 408 € en option base et environ 437 € en heures pleines. C'est le seul poste où une consigne écrite produit une économie immédiate, sans investissement.
| Lieu de recharge | Ce qu'il coûte à l'entreprise | Ce que la politique doit trancher |
|---|---|---|
| Site de l'entreprise | Le plus maîtrisable : tarif professionnel, usage suivi | Accès prioritaire, véhicules éligibles, horaires |
| Domicile du salarié | Le moins cher si la recharge a lieu en heures creuses — 0,1589 €/kWh TTC contre 0,2142 €/kWh en heures pleines, tarif réglementé au 01/08/2026 | Méthode de mesure, plafond de remboursement, horaire encouragé |
| Itinérance (borne publique) | Le plus coûteux : un tarif de charge rapide publique dépasse largement le tarif domestique en heures creuses | Prise en charge limitée aux déplacements professionnels réels, plafond, justificatif systématique |
Sur un cas type — compacte électrique, 17 kWh/100 km, 15 000 km parcourus par an, 80 % de la recharge faite à domicile — l'écart entre heures creuses et heures pleines représente environ 113 € par an et par véhicule — 84 € si l'on compare aux heures creuses à l'option base. Multiplié par une flotte, l'écart justifie à lui seul d'inscrire l'horaire de recharge dans la politique. Le calcul complet est détaillé dans l'article de référence sur le coût réel de la recharge à domicile d'un salarié.
3. Ce que l'entreprise rembourse, et selon quelle méthode
C'est la section la plus attendue par le salarié — et la plus risquée si elle reste floue. Trois méthodes de mesure existent, chacune avec ses contraintes :
- La supervision : une borne communicante à domicile qui remonte la consommation réelle. La méthode la plus précise, mais elle suppose d'avoir tranché le financement de la borne (section 5).
- Le sous-compteur : un compteur dédié installé sur le circuit de la borne, relevé périodiquement. Fiable, mais implique une installation dédiée.
- L'estimation : un forfait calculé à partir du kilométrage déclaré et de la consommation moyenne du véhicule. Le plus simple à mettre en place, le plus discutable en cas de contrôle.
Ce que la politique doit annoncer, avant le premier remboursement : quelle méthode s'applique, à quelle fréquence, avec quel justificatif. Annoncer la règle après coup transforme chaque remboursement en négociation. Aucune doctrine URSSAF n'impose de méthode de mesure de l'électricité rechargée à domicile : c'est à l'entreprise de choisir la sienne, de la documenter, et de l'appliquer de façon constante. Le détail des règles applicables au remboursement est traité dans l'article sur les règles URSSAF du remboursement de la recharge à domicile, et la façon de constituer le dossier de preuve dans l'article sur les justificatifs de remboursement.
4. Ce qu'elle ne rembourse pas
Une politique crédible dit non aussi clairement qu'elle dit oui. À exclure explicitement :
- La facture totale du foyer : l'entreprise rembourse l'électricité affectée au véhicule professionnel, jamais la consommation domestique dans son ensemble.
- La recharge d'un véhicule personnel non couvert : un second véhicule du foyer, un véhicule de location personnelle, ou un véhicule électrique acheté par le salarié en dehors de tout dispositif employeur.
- La recharge sans justificatif : au-delà du format retenu (relevé de supervision, sous-compteur, ou déclaration de kilométrage), l'absence totale de trace ne donne lieu à aucun remboursement.
- Les frais annexes : abonnement à un réseau de recharge public à titre personnel, frais de stationnement liés à la recharge, sauf mention contraire explicite.
Cette section protège l'entreprise autant qu'elle informe le salarié : elle évite qu'un remboursement isolé, accordé par souplesse, ne devienne un précédent invoqué par tous.
5. La borne au domicile : à trancher avant l'installation
Quand l'entreprise finance une borne au domicile du salarié, trois questions doivent être réglées par écrit, avant le premier coup de perceuse :
- Qui finance : prise en charge totale, partielle, ou avance remboursée sur présentation de facture.
- Qui est propriétaire : l'entreprise (la borne reste un actif d'entreprise, installé chez le salarié) ou le salarié (l'entreprise participe, sans devenir propriétaire).
- Ce qui se passe au départ du salarié : démontage et réinstallation ailleurs, rachat par le salarié à une valeur fixée à l'avance, ou abandon pur et simple de la borne au domicile. C'est le point le plus souvent oublié — et le plus souvent source de litige, parce qu'il est traité après coup, au moment de la rupture du contrat.
Le régime social de la borne dépend aussi de son ancienneté : au 01/01/2026, l'abattement applicable aux dépenses de borne est de 50 % (plafond 1 057,10 €) si elle a cinq ans ou moins, et de 75 % (plafond 1 585,50 €) au-delà. Ce plafond ne porte que sur la borne — l'arrêté du 25 février 2025 exclut explicitement les frais d'électricité de ce calcul. Le détail du régime de la borne, et des options de propriété, est traité dans l'article sur la borne au domicile du salarié.
Le sort de la borne au départ du salarié se tranche avant l'installation, jamais après. Une clause absente au moment de la rupture du contrat de travail devient un désaccord — parfois un contentieux.
6. L'égalité de traitement
La politique n'a de valeur que si elle s'applique de la même façon à tous les salariés placés dans la même situation : même type de véhicule, même mode de recharge, même méthode de remboursement. Deux salariés en situation identique traités différemment fragilisent le document entier — en interne, un collaborateur peut légitimement le contester ; en cas de contrôle, une méthode appliquée de façon inégale est plus difficile à défendre qu'une méthode simple mais uniforme.
En pratique, cela suppose de figer les critères de qualification (section 1), la méthode de mesure (section 3) et le traitement de la borne (section 5) avant de les appliquer au premier cas, pas après. Un DRH ou un gestionnaire de flotte qui reçoit une demande de remboursement doit pouvoir répondre en appliquant la politique, sans arbitrage au cas par cas.
Une politique qui se révise, pas qui se grave
Tous les plafonds ne bougent pas de la même façon, et c'est ce qui rend la révision nécessaire. Les montants en euros de l'arrêté du 25 février 2025 — les plafonds de borne notamment — sont revalorisés chaque 1er janvier. D'autres dispositifs, comme la prime de transport, relèvent de textes distincts et peuvent évoluer par voie législative, sans calendrier automatique. Une politique de recharge doit donc porter une date de révision et être revérifiée au moins une fois par an, poste par poste.
Le régime social dérogatoire de la recharge à domicile s'applique jusqu'au 31/12/2027. Les montants en euros de l'arrêté relatif aux avantages en nature, dont les plafonds de borne, sont revalorisés chaque 1ᵉʳ janvier ; d'autres dispositifs, comme la prime de transport, relèvent de textes distincts et peuvent évoluer séparément. Une politique de recharge doit donc porter une date de révision, au minimum annuelle, faute de quoi elle continue d'afficher des chiffres périmés dès le mois de janvier suivant. Le document lui-même en devient plus court : il fixe la règle et la méthode, il ne fige pas les montants dans le corps du texte — un renvoi vers le barème en vigueur suffit.
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Que doit contenir une politique de recharge pour les collaborateurs ?
Qui décide de la méthode de mesure de l'électricité rechargée à domicile ?
Que devient la borne installée au domicile si le salarié quitte l'entreprise ?
Faut-il réviser la politique de recharge chaque année ?
La politique de recharge doit-elle être annexée au contrat de travail ?
Article rédigé le 11/08/2026. Barèmes fiscaux et sociaux datés au 01/01/2026, tarifs réglementés de l'électricité datés au 01/08/2026 — indicatifs et non contractuels, à confirmer avec votre expert-comptable ou votre service paie.