Le plus souvent non, mais sous conditions : l'article L113-14 du code de la construction écarte l'obligation pour les parcs dépendant de bâtiments possédés et occupés par une PME.
- De nombreux campings indépendants peuvent bénéficier de cette exemption PME, à condition de posséder et d'occuper les bâtiments et le parc concernés et de respecter la définition européenne de la PME.
- Parc existant de plus de 20 places : au moins 1 point de recharge accessible PMR depuis le 01/01/2025, puis 1 par tranche de 20 places (L113-13) — 95 places donnent 4 points.
- Bâtiment neuf ou en rénovation importante, parc de plus de 10 places : 1 place sur 5 pré-équipée, 2 % de ces places pré-équipées dimensionnées pour l'accès PMR avec un minimum d'une, et au moins 1 point installé (L113-12).
- Est une PME (recommandation 2003/361/CE) l'entreprise de moins de 250 personnes respectant au moins un des deux plafonds : 50 M€ de chiffre d'affaires ou 43 M€ de bilan.
- Même exempté, tout projet sur un parc d'au moins 50 places exige une étude de conception électrique et des professionnels qualifiés (décret n° 2021-546 du 4 mai 2021).
Textes en vigueur au 05/08/2026, informations indicatives et non contractuelles.
La question revient à chaque salon professionnel, et la réponse qu'on y entend est presque toujours fausse. Non, un camping n'est pas systématiquement obligé d'installer des bornes de recharge — mais l'exemption tient à des conditions qu'il faut vérifier une par une. C'est une bonne nouvelle mal comprise : elle transforme une contrainte subie en décision commerciale, prise au bon moment et au bon calibre. Voici les trois régimes qui existent, l'exemption qui vous concerne peut-être, et ce qui reste obligatoire même quand l'équipement ne l'est pas.
Trois régimes, un seul peut vous concerner
Le code de la construction et de l'habitation traite séparément le parc existant, le parc neuf et la rénovation importante. Identifier le vôtre est la première chose à faire.
| Situation du parc | Texte | Seuil de déclenchement |
|---|---|---|
| Parc existant | Article L113-13 | Plus de 20 places, exigible au 01/01/2025 |
| Bâtiment neuf | Article L113-12 | Plus de 10 places |
| Rénovation importante | Article L113-12 | Plus de 10 places, travaux ≥ 25 % de la valeur du bâtiment hors terrain |
Un point de vocabulaire, essentiel pour lire ces textes : la loi compte des points de recharge, jamais des bornes. Une borne double alimentant deux véhicules vaut deux points.
Parc existant : ce qu'impose l'article L113-13
Les bâtiments non résidentiels comportant un parc de stationnement de plus de vingt emplacements doivent disposer, au 1er janvier 2025, d'au moins un point de recharge situé sur un emplacement dont le dimensionnement permet l'accès aux personnes à mobilité réduite, puis d'un point par tranche de vingt emplacements supplémentaires (article L113-13, Légifrance).
Concrètement, un parc de 95 places relève de 4 points de recharge minimum, dont un accessible PMR (Service-Public, fiche F38491).
Le décompte porte sur le parc de stationnement dépendant d'un bâtiment non résidentiel — accueil, restaurant, sanitaires, salle d'animation. Assimiler d'office les emplacements de camping à ce parc n'a rien d'évident : ce point se qualifie au cas par cas, avant tout chiffrage. Ne calculez jamais votre obligation à partir du nombre total d'emplacements locatifs.
Neuf et rénovation importante : ce qu'impose l'article L113-12
Pour un bâtiment neuf ou faisant l'objet d'une rénovation importante — des travaux dont le coût atteint au moins 25 % de la valeur du bâtiment hors terrain — et dont le parc dépasse dix places, l'article L113-12 impose en non résidentiel :
- au moins une place sur cinq pré-équipée, c'est-à-dire dotée des conduits, câblages et dispositifs d'alimentation nécessaires ;
- 2 % de ces places pré-équipées, avec un minimum d'une place, dimensionnées pour être accessibles aux personnes à mobilité réduite — il ne s'agit pas de 2 % de la totalité du parc ;
- au moins un point de recharge installé sur un emplacement dimensionné pour l'accès PMR, et deux au-delà de 200 places.
C'est le régime le plus exigeant, et c'est celui qu'un camping rencontre lorsqu'il refait son parking d'accueil ou construit un nouveau bâtiment. Le pré-équipement y coûte une fraction du point installé : quand la tranchée est ouverte, autant en profiter.
L'exemption PME : ce qu'elle dit vraiment
L'article L113-14 écarte l'application des articles L113-12 et L113-13 pour les parcs de stationnement dépendant de bâtiments possédés et occupés par des petites et moyennes entreprises au sens de la recommandation 2003/361/CE de la Commission européenne (article L113-14, Légifrance).
Deux conditions cumulatives, donc, et la première est souvent oubliée : il faut posséder les murs et le parking et les occuper. Un camping exploité sur un terrain communal, ou dont les murs appartiennent à une société tierce, ne remplit pas mécaniquement cette condition.
La seconde condition est la qualification PME, et elle ne se résume pas à un seuil. Une PME emploie moins de 250 personnes et respecte au moins l'un des deux plafonds financiers : 50 M€ de chiffre d'affaires annuel ou 43 M€ de total de bilan.
| Cas | Effectif | CA / bilan | PME ? |
|---|---|---|---|
| Camping familial indépendant | 18 | 2,4 M€ / 6 M€ | Oui |
| Groupe d'exploitation | 250 | 30 M€ / 20 M€ | Non — le seuil est « moins de 250 » |
| Exploitant multi-sites | 200 | 60 M€ / 40 M€ | Oui — un seul plafond dépassé |
| Exploitant multi-sites | 200 | 60 M€ / 50 M€ | Non — les deux plafonds dépassés |
Dernier piège, et le plus fréquent chez les exploitants qui grandissent : les seuils s'apprécient en tenant compte des entreprises partenaires et liées. Une SARL de 12 salariés détenue à 70 % par un groupe consolide les données de ce groupe. Dès qu'il existe une holding, une société civile immobilière ou un réseau de sociétés liées, l'exemption ne se présume pas : elle se vérifie.
Les deux mécanismes d'adaptation, qui ne font pas la même chose
On les confond systématiquement. Ils n'ont pourtant ni le même effet, ni le même champ.
| Mécanisme | Champ | Effet |
|---|---|---|
| Seuil des 7 % (L113-14, 1°) | Rénovation importante uniquement | Exempte : l'obligation tombe si les installations de recharge et leur raccordement dépassent 7 % du coût total de la rénovation |
| Travaux importants sur le réseau en amont | Parc existant | Limite le nombre de points exigés — l'obligation subsiste, réduite |
Autrement dit : un raccordement hors de prix ne vous dispense pas de vous équiper, il plafonne ce qu'on peut vous demander. Une obligation réduite reste une obligation.
Corse et Outre-mer : ne pas appliquer le raisonnement métropolitain
Dans les zones non interconnectées au réseau continental — Corse, Guadeloupe, Guyane, Martinique, La Réunion, Mayotte —, les obligations des articles L113-12 et L113-13 peuvent être adaptées par la programmation pluriannuelle de l'énergie du territoire. La conclusion doit s'y vérifier localement, sans transposition automatique.
Côté financement, la situation y est également différente : ces territoires conservent des guichets ADVENIR ouverts au 05/08/2026, alors qu'en métropole le guichet « point de recharge ouvert à tout public sur parking privé » est fermé depuis le 30 juin 2023. Un camping corse ou ultramarin peut donc être éligible à une aide là où son homologue métropolitain ne l'est pas — éligibilité, montant et conditions de pilotage restent à confirmer auprès du guichet avant d'engager la dépense.
Ce qui reste obligatoire même sans obligation d'équipement
Ne pas être obligé d'installer ne veut pas dire installer comme on veut. Deux règles s'appliquent à tout projet, quelle que soit la taille de l'entreprise.
L'étude de conception électrique. Tout projet de création d'infrastructure de recharge dans un parc d'au moins 50 places exige une étude de conception préalable, réalisée par un professionnel titulaire de la qualification correspondante (décret n° 2021-546 du 4 mai 2021). Beaucoup de campings dépassent ce seuil sans le savoir.
Les qualifications professionnelles. Le code de l'énergie distingue trois qualifications, délivrées par un organisme agréé : celle de l'installation de l'infrastructure, celle de sa maintenance, et celle des études et de la conception. Vérifiez laquelle détient chacun de vos intervenants : un installateur qualifié n'est pas nécessairement qualifié pour l'étude, et inversement.
Les points de recharge dédiés doivent être installés et maintenus par des professionnels qualifiés dans les conditions de l'article D353-2 du code de l'énergie. Une exception limitée existe notamment pour certaines installations d'une puissance totale inférieure ou égale à 3,7 kW, non ouvertes au public et dont la fonction principale n'est pas la recharge. Elle ne correspond généralement pas à un projet de bornes dédié à la clientèle d'un établissement touristique. C'est aussi ce que vos assurances et vos financeurs vérifieront.
Si vous ouvrez la recharge à des visiteurs extérieurs, s'ajoutent des obligations propres à l'exploitation d'une infrastructure ouverte au public — transparence tarifaire, transmission des données, continuité de service. Le statut ne se déduit pas de votre intention : un accès non discriminatoire, même avec badge ou paiement, peut suffire à qualifier une infrastructure d'ouverte au public. À faire qualifier avant d'ouvrir.
Pas obligé ne veut pas dire pas concerné
L'exemption PME règle la question juridique, pas la question commerciale. Les plateformes de réservation proposent un filtre « borne de recharge » : un établissement non équipé sort tout simplement des résultats pour cette clientèle.
Au 01/01/2026, 5,5 % des voitures en circulation en France étaient rechargeables (3,5 % électriques et 2,0 % hybrides rechargeables, SDES). En 2025, les véhicules 100 % électriques ont représenté près de 20 % des immatriculations neuves et les hybrides rechargeables 6,6 %, soit environ 26,5 % de véhicules rechargeables au total : ce qui se vend aujourd'hui roulera sur vos allées demain.
La vraie question n'est donc pas « suis-je en infraction ? » mais « combien de points de recharge, et à quelle échéance ? ». Nous y répondons par le calcul dans notre méthode de dimensionnement des bornes pour un camping, et vous pouvez obtenir une estimation immédiate avec le simulateur de bornes pour camping et hôtel.
OTONOM est l'orchestrateur A→Z de la transition mobilité, recharge et énergie des entreprises. Nous qualifions votre situation réglementaire, nous dimensionnons le besoin réel, puis nous coordonnons installateurs, énergéticien et mainteneur : un seul interlocuteur, des résultats chiffrés. Nous ne vendons ni bornes ni logiciel. Réservez un audit gratuit pour faire qualifier votre cas.
Un camping est-il obligé d'installer des bornes de recharge en 2026 ?
Quelle est la définition d'une PME pour l'exemption de l'article L113-14 ?
Combien de points de recharge pour un parking de 95 places ?
Des travaux importants sur le réseau électrique dispensent-ils de l'obligation ?
Faut-il un installateur qualifié IRVE pour un camping ?
Textes cités en vigueur au 05/08/2026 : articles L113-12 à L113-14 du code de la construction et de l'habitation, article D353-2 du code de l'énergie, décret n° 2021-546 du 4 mai 2021, recommandation 2003/361/CE. Informations indicatives et non contractuelles : la qualification de votre situation — propriété et occupation du bâtiment, statut PME avec entreprises partenaires et liées, nature du parc de stationnement — est à confirmer avec votre conseil juridique et votre expert-comptable.