L'essentiel

Un camping évite le plus souvent le renforcement de son raccordement, à condition de calculer son plafond de pilotage sur l'énergie à livrer dans la nuit, pas sur la puissance installée.

  • Simulation OTONOM au 05/08/2026, camping de 150 emplacements à 80 % d'occupation, horizon 2030 : 7 points de 11 kW, soit 77 kW de puissance maximale théorique, pour 89 kWh mesurés au compteur des bornes à livrer dans la nuit.
  • Répartis sur une fenêtre de 12 heures, ces 89 kWh n'imposent que 7,4 kW de puissance minimale — dix fois moins que la puissance maximale théorique.
  • À 160 kVA souscrits et 120 kW de pointe relevée, la marge disponible tombe à 28,8 kW : elle couvre encore près de quatre fois le besoin énergétique.
  • À 100 kVA et 90 kW de pointe, la marge n'est plus que de 3,0 kW, soit 36 kWh sur la nuit : capacité insuffisante dans les conditions actuelles.
  • Règle officielle au 05/08/2026 : dès 50 places, une étude de conception électrique par un professionnel qualifié IRVE est obligatoire.

Hypothèses OTONOM au 05/08/2026, indicatives et non contractuelles.

La puissance souscrite d'un camping est le premier chiffre qu'un installateur demande, et le dernier que le gérant connaît. C'est pourtant lui qui décide si un projet de recharge coûte quelques milliers d'euros ou déclenche un renforcement de raccordement à cinq chiffres. Le piège est propre à l'hôtellerie de plein air : la pointe d'un camping, c'est le soir de haute saison — exactement le moment où les voitures se branchent. Voici comment lire sa puissance souscrite, calculer la marge disponible à cet instant, et arbitrer entre pilotage et renforcement.

Nature des chiffres de cet article

Puissances, énergies et coûts sont des hypothèses du simulateur OTONOM au 05/08/2026 : ni barèmes réglementés, ni moyennes officielles. Ils se remplacent par le relevé de votre compteur et vos devis. Les énergies par session sont comptées au compteur de la borne : ce sont celles que l'installation doit délivrer. Les règles de droit, elles, sont datées et sourcées.

Où lire sa puissance souscrite, et ce qu'elle ne dit pas

La puissance souscrite figure sur le contrat d'acheminement et sur la facture, exprimée en kVA. Ce n'est pas une consommation : c'est la puissance maximale que le réseau s'engage à mettre à disposition, et qui se paie toute l'année, exploitée ou non.

Les sites se répartissent ensuite entre plusieurs régimes de raccordement — basse tension à puissance limitée, basse tension à puissance surveillée, haute tension avec poste de transformation propre. Les seuils, les modalités de dépassement et les possibilités de modification varient selon le domaine de tension et l'option tarifaire : ils se lisent sur votre contrat d'acheminement, ils ne se déduisent pas d'une règle générale. Nous constatons, sans que ce soit une statistique, que les campings de 100 à 200 emplacements se situent souvent au-dessus de 36 kVA — à vérifier au cas par cas.

La puissance souscrite ne dit pas la marge. Pour la connaître, il faut la pointe réellement appelée, relevée sur la courbe de charge du compteur communicant, sur les mois d'exploitation. Sans ce relevé, un gérant travaille à l'aveugle : sa consommation annuelle ne renseigne sur rien. C'est le point que détaille notre article sur la recharge pilotée et la puissance souscrite d'un site.

Le piège du camping : la marge est minimale au pire moment

Un bâtiment tertiaire appelle sa pointe en milieu de journée et se vide le soir. Un camping fait l'inverse. Entre 19 h et 22 h, en haute saison, tout se cumule : plaques de cuisson, climatisations, chauffe-eau, éclairage des allées, restaurant, laverie, pompes de piscine. C'est le maximum annuel du site — et c'est l'heure exacte à laquelle les clients rentrent d'excursion et branchent leur véhicule.

La demande de recharge ne s'ajoute donc pas à une consommation moyenne : elle s'ajoute à la pointe. Comparer un projet de bornes à la moyenne annuelle sous-estime systématiquement la contrainte. C'est pourquoi notre simulateur de bornes pour camping et hôtel demande la pointe, jamais la moyenne.

Calculer la marge : le facteur 0,93 n'est pas une conversion universelle

La marge se calcule en deux temps : convertir la puissance apparente souscrite en puissance active, puis retrancher la pointe relevée.

marge disponible = puissance souscrite × 0,93 − pointe relevée du site

Le coefficient 0,93 retenu par OTONOM est une hypothèse de prudence, pas une conversion physique. Le rapport entre puissance apparente et puissance active dépend du facteur de puissance de l'installation, du domaine de tension, de l'option tarifaire et du contrat d'acheminement. Sur un camping chargé en moteurs — pompes, froid, climatisation — il peut être moins favorable. Tant qu'il n'a pas été vérifié sur le contrat, tout calcul de marge reste une estimation.

Deuxième précaution : la marge se calcule sur les mois d'exploitation, jamais sur une moyenne lissée sur douze mois. Selon le régime de raccordement, un site peut souscrire des puissances différenciées par classe temporelle, avec des règles d'ordre entre ces classes : levier à faire vérifier par son fournisseur avant de compter dessus.

Une nuit de 12 heures absorbe beaucoup plus qu'on ne le croit

Voici le calcul que presque personne ne fait. Camping de référence de notre simulateur : 150 emplacements, 80 % d'occupation, séjour moyen de 7 nuits, horizon 2030. Le moteur retient 120 véhicules présents, 17,1 arrivées par nuit et une part de véhicules rechargeables projetée à 11,5 % du parc en circulation. Il en déduit 4,73 sessions par nuit, soit 7 points de recharge en scénario confort — et surtout 89 kWh à délivrer sur la nuit, mesurés au compteur des bornes.

Sept points de 11 kW représentent 77 kW de puissance maximale théorique. Ces 77 kW ne seront pas nécessairement appelés simultanément, et ils peuvent être plafonnés par un système de pilotage ; nous retenons une simultanéité de 0,9 sans pilotage, soit 69,3 kW appelés — une hypothèse OTONOM au 05/08/2026, pas une limite physique. Mais 89 kWh répartis sur 12 heures n'imposent que :

88,7 kWh ÷ 12 h = 7,4 kW

Ces kWh sont comptés au compteur de la borne : ce sont ceux que l'installation doit délivrer, et le rendement de charge n'intervient pas dans ce calcul. Il ne joue qu'en aval, pour dire ce que la batterie reçoit : avec l'hypothèse de rendement de 90 %, ces 88,7 kWh appelés au réseau se traduisent par environ 80 kWh rendus aux batteries.

Avec les hypothèses retenues, la puissance à réserver est donc près de dix fois inférieure à la puissance maximale théorique du parking. C'est ce décalage qui rend le pilotage si efficace en camping : sur un séjour, la durée de stationnement remplace la puissance. Le calibre unitaire — 7,4, 11 ou 22 kW — pèse d'ailleurs beaucoup moins qu'on ne le croit, comme l'explique notre article sur la puissance de borne adaptée à un hébergement touristique.

Quatre configurations, quatre verdicts

Le même camping, le même besoin de 89 kWh par nuit, selon sa puissance souscrite et sa pointe relevée. Simulation OTONOM au 05/08/2026, 7 points de 11 kW. Le plafond de pilotage est la plus petite des deux valeurs : puissance appelée ou marge disponible.

Puissance souscritePointe relevéeMarge disponiblePlafond de pilotageÉnergie livrable en 12 hVerdict
400 kVA100 kW272,0 kW69,3 kW~832 kWhConfortable — aucune contrainte
250 kVA150 kW82,5 kW69,3 kW~832 kWhConfortable — pilotage non requis par la marge dans ce scénario
160 kVA120 kW28,8 kW28,8 kW~346 kWhContraint — pilotage indispensable
100 kVA90 kW3,0 kWAucun plafond valable~36 kWhInsuffisant dans les conditions actuelles

La troisième ligne est la plus instructive. Avec 28,8 kW de marge — soit un peu plus du tiers de la puissance maximale théorique — le site livre encore environ 346 kWh dans la nuit, près de quatre fois le besoin. Le gérant qui aurait raisonné en « 77 kW contre 28,8 kW » aurait conclu au renforcement. Avec les hypothèses retenues, il n'en a pas besoin.

La quatrième ligne est le vrai cas limite : 3,0 kW de marge ne délivrent que 36 kWh, moins de la moitié du besoin. Il n'existe alors aucun plafond de pilotage valable, puisqu'un plafond ne peut jamais dépasser la marge réellement disponible. Aucun pilotage ne crée de l'énergie qui n'existe pas.

Le plafond de pilotage se calcule, il ne se choisit pas

Un pilotage plafonne dynamiquement l'appel de puissance de l'ensemble du parking et répartit l'énergie sur la nuit. Le plafond obéit à une règle simple, et à une condition de validité :

plafond de pilotage = la plus petite valeur entre la puissance appelée et la marge disponible
  • Il ne peut jamais dépasser la marge du site, sinon il déclenche des dépassements facturés, voire des coupures selon le régime du raccordement.
  • Il doit dépasser la puissance minimale imposée par l'énergie — ici 7,4 kW —, sinon les véhicules repartent le matin sans avoir rechargé. Quand le besoin énergétique excède la marge, cette condition ne peut pas être satisfaite : il n'existe pas de plafond valable, et c'est exactement le verdict « insuffisant ».

Un plafond posé arbitrairement — « on limitera à 40 kW, ça devrait aller » — est exactement l'erreur que ce calcul évite. À 160 kVA et 120 kW de pointe, le plafond calculé est de 28,8 kW : égal à la marge, et près de quatre fois au-dessus du minimum énergétique. Avec les hypothèses retenues, il tient.

À retenir

Vérifier la puissance ne suffit pas : il faut vérifier l'énergie. Un plafond peut respecter la marge du site tout en étant incapable de délivrer, sur une nuit, ce que les véhicules réclament. Les deux calculs se font ensemble, ou aucun des deux ne vaut.

Marge insuffisante : cinq issues avant le renforcement

Une marge inférieure au besoin énergétique ne signifie pas « renforcement obligatoire ». Elle signifie : capacité insuffisante dans les conditions actuelles — adaptation du contrat, déplacement des usages ou renforcement à étudier. Cinq issues méritent d'être posées sur la table, dans cet ordre de coût croissant.

  • Déplacer d'autres usages hors de la fenêtre 19 h – 22 h : chauffe-eau, laverie, pompes de piscine, recharge des engins de service. C'est le levier le moins cher, et souvent le plus efficace, puisqu'il agit directement sur la pointe qui sert de référence.
  • Allonger la fenêtre de recharge : passer de 12 à 14 heures abaisse d'autant la puissance minimale imposée par l'énergie. Encore faut-il que les clients acceptent de brancher plus tôt, ou de repartir plus tard.
  • Réduire le service garanti : moins de points ouverts simultanément, une énergie plafonnée par session, ou une réservation de créneau. Le besoin baisse parce que la promesse baisse — c'est un arbitrage commercial, pas un arbitrage technique.
  • Modifier la puissance souscrite sans reconstruire le raccordement : selon le régime et la puissance de raccordement physique du site, une augmentation de la puissance souscrite peut rester dans les limites de l'installation existante. À faire chiffrer par le fournisseur et le gestionnaire de réseau avant toute autre décision.
  • Renforcer le raccordement : la solution structurelle, et la plus chère. Elle se négocie avec le gestionnaire de réseau, se planifie hors saison, et augmente durablement la part « puissance » de la facture, exploitée ou non.

Dans nos hypothèses au 05/08/2026, le pilotage de charge est valorisé à 3 500 € HT et le renforcement de raccordement à 12 000 € HT. Avec les hypothèses retenues, la règle qui se dégage de nos simulations tient en une phrase : tant que la marge disponible dépasse la puissance minimale imposée par l'énergie nocturne, le pilotage suffit. Sur les quatre configurations ci-dessus, une seule bascule.

L'étape réglementaire à ne pas sauter

Règle officielle au 05/08/2026 : dès 50 places de stationnement, une étude de conception électrique est obligatoire avant toute création d'infrastructure de recharge, et la pose revient à un professionnel titulaire d'une qualification IRVE (article D353-2 du code de l'énergie, issu du décret n° 2021-546 du 4 mai 2021 et de l'arrêté du 27 octobre 2021). L'exception prévue par l'article D. 353-2 du code de l'énergie est étroite, mais moins étroite qu'on ne le lit souvent : elle vise les infrastructures d'une puissance totale inférieure ou égale à 3,7 kW qui ne sont pas accessibles au public, et qui sont soit installées dans un bâtiment d'habitation privé ou sa dépendance, soit affectées à une fonction principale autre que la recharge. Savoir si le parking d'un établissement touristique remplit ces conditions dépend de ses conditions d'accès et de l'affectation réelle de l'installation : à faire confirmer avant de s'en prévaloir. Une estimation ne remplace jamais cette étude ; elle sert à savoir s'il faut la lancer. Le cadre national des bornes de recharge du ministère de la Transition écologique en donne le contexte.

Ce qu'OTONOM fait de ce calcul

OTONOM est l'orchestrateur A→Z de la transition mobilité, recharge et énergie des entreprises. Sur un camping : récupérer la courbe de charge, lire le contrat d'acheminement, calculer la marge au pic de saison, dimensionner le plafond de pilotage sur l'énergie nocturne, puis coordonner installateur qualifié IRVE, énergéticien et financeur. Un seul interlocuteur, des résultats chiffrés, zéro complexité.

Pour situer votre site, commencez par la méthode de calcul du nombre de bornes pour un camping. Si vos clients demandent à brancher leur voiture sur la prise de leur emplacement en attendant, lisez ce que délivre réellement une prise d'emplacement. Et si la marge vous paraît juste, réservez un audit gratuit : le relevé de pointe se récupère en quelques jours.

Comment connaître la puissance souscrite de mon camping ?
Elle figure sur le contrat d'acheminement et sur la facture, en kVA. Cette valeur ne suffit pas à dimensionner un projet de recharge : il faut aussi la pointe réellement appelée, disponible sur la courbe de charge du compteur communicant et relevée sur les mois de haute saison.
Quelle marge de puissance faut-il pour installer des bornes dans un camping ?
Il n'existe pas de seuil unique : la marge nécessaire dépend de l'énergie à délivrer dans la nuit, pas du nombre de bornes. Dans notre simulation d'un camping de 150 emplacements à l'horizon 2030 (05/08/2026), 89 kWh doivent être livrés en 12 heures, soit au minimum 7,4 kW de marge — contre 77 kW de puissance maximale théorique pour 7 points de 11 kW.
Comment se calcule le plafond de pilotage d'un parking de recharge ?
Il vaut la plus petite des deux valeurs : la puissance appelée par les points de recharge, et la marge disponible du site. Il ne peut jamais dépasser cette marge. Il doit par ailleurs rester supérieur à la puissance minimale imposée par l'énergie à délivrer dans la fenêtre nocturne — faute de quoi il n'existe pas de plafond valable.
Le facteur 0,93 entre kVA et kW est-il une règle officielle ?
Non, c'est une hypothèse de prudence retenue par OTONOM. Le rapport entre puissance apparente (kVA) et puissance active (kW) dépend du facteur de puissance de l'installation, du domaine de tension, de l'option tarifaire et du contrat d'acheminement. Il se vérifie sur le contrat du site.
Un pilotage de charge évite-t-il toujours le renforcement de raccordement ?
Non. Le pilotage répartit l'énergie dans le temps, il n'en crée pas. Tant que la marge disponible dépasse la puissance minimale imposée par le besoin énergétique nocturne, il suffit. En dessous — 3,0 kW de marge pour 89 kWh à livrer —, la capacité est insuffisante dans les conditions actuelles : il faut étudier le déplacement d'autres usages, l'allongement de la fenêtre de recharge, la réduction du service garanti, la modification de la puissance souscrite, ou le renforcement.
Une étude électrique est-elle obligatoire pour un camping ?
Oui dès 50 places de stationnement. Au 05/08/2026, l'article D353-2 du code de l'énergie impose une étude de conception électrique avant toute création d'infrastructure de recharge dans un parc d'au moins 50 places, et une pose par un professionnel qualifié IRVE, sauf à relever de l'exception étroite réservée aux installations de 3,7 kW ou moins non accessibles au public.
Qu'est-ce qu'OTONOM apporte sur un projet de recharge en camping ?
OTONOM est l'orchestrateur A→Z de la transition mobilité, recharge et énergie des entreprises. Ni installateur, ni vendeur de bornes : elle conseille, coordonne installateurs, énergéticiens, financeurs et mainteneurs, et optimise le coût financier, fiscal et énergétique. Un seul interlocuteur, de A à Z.

Règles vérifiées au 05/08/2026 (article D353-2 du code de l'énergie). Puissances, énergies et coûts : hypothèses du simulateur OTONOM au 05/08/2026, indicatives et non contractuelles — à confirmer par une étude de conception électrique et par vos devis. Les énergies par session sont comptées au compteur de la borne. Le facteur kVA → kW retenu (0,93) et le coefficient de simultanéité (0,9) sont des hypothèses OTONOM, à vérifier sur votre contrat d'acheminement et par votre installateur.