L'essentiel

Avec les hypothèses retenues, un camping de 150 emplacements a besoin d'environ 7 points de recharge à l'horizon 2030, soit 3 bornes doubles et 1 borne simple — et non d'une borne par emplacement.

  • Le besoin naît des arrivées, pas de la capacité : à 7 nuits de séjour moyen, un camping de 150 emplacements occupé à 80 % ne voit arriver que 17 véhicules par nuit.
  • 5,5 % des voitures en circulation en France étaient rechargeables au 01/01/2026 : 3,5 % électriques et 2,0 % hybrides rechargeables (SDES).
  • Les chiffres de 20 à 27 % que l'on lit partout sont ceux des immatriculations neuves de 2025, pas ceux du parc qui roule.
  • Une borne double alimente deux points de recharge : 7 points de recharge, c'est 3 bornes doubles et 1 simple.
  • Aucune prime ADVENIR nationale standard identifiée au 05/08/2026 pour un camping de métropole : le guichet « parking privé ouvert au public » est fermé depuis le 30 juin 2023.

Données au 05/08/2026, estimations indicatives et non contractuelles.

« Combien de bornes pour mon camping ? » Le marché répond par une règle de pouce — un pourcentage des emplacements — qui coûte cher dans les deux sens : sur-équipement d'un côté, files d'attente de l'autre. Le bon calcul part d'une donnée que vous connaissez déjà, le rythme de vos arrivées. Voici la méthode, étape par étape, avec un exemple chiffré de bout en bout.

Pourquoi le nombre d'emplacements ne donne pas le nombre de bornes

Un client qui reste sept nuits ne recharge pas sept fois. Il arrive avec une batterie entamée, il branche, et il repart six jours plus tard avec, au mieux, une recharge d'appoint entre deux excursions.

Ce qui crée le besoin, ce n'est donc pas le nombre de véhicules garés chez vous, c'est le nombre de véhicules qui arrivent. La chaîne de calcul tient en quatre étapes : véhicules présents, part de véhicules rechargeables, sessions par nuit, points de recharge. Chacune se vérifie avec vos propres chiffres.

Étape 1 : combien de véhicules dorment chez vous en haute saison

La formule est simple : capacité × taux d'occupation en haute saison × nombre de véhicules par emplacement.

Nous retenons 1,0 véhicule par emplacement de camping — une famille, une voiture —, 0,75 par chambre d'hôtel et 1,1 par logement de résidence de tourisme (hypothèses OTONOM au 05/08/2026, à ajuster si vous connaissez votre réalité).

Pour un camping de 150 emplacements occupé à 80 % : 150 × 0,80 × 1,0 = 120 véhicules présents une nuit de haute saison.

Étape 2 : combien de ces véhicules sont rechargeables

C'est l'étape où l'on confond deux chiffres très différents. Au 1er janvier 2026, 5,5 % des voitures en circulation en France étaient rechargeables : 3,5 % de véhicules 100 % électriques et 2,0 % d'hybrides rechargeables, sur un parc de 40,0 millions de voitures (SDES, données au 01/01/2026).

À retenir

En 2025, les véhicules 100 % électriques ont représenté près de 20 % des immatriculations neuves et les hybrides rechargeables 6,6 %, soit environ 26,5 % de véhicules rechargeables au total (SDES, immatriculations 2025). Dans le parc déjà en circulation au 1er janvier 2026, leur part cumulée n'était encore que de 5,5 %. Ce qui entre dans votre camping, c'est le parc, pas le marché du neuf : appliquer 26,5 % au lieu de 5,5 % multiplierait la demande théorique initiale par environ 4,8, avant arrondis et autres coefficients.

Dimensionner sur 5,5 % serait tout aussi faux, dans l'autre sens : une installation de recharge s'amortit sur huit à dix ans. Il faut donc projeter le parc à votre horizon d'amortissement, pas le figer à aujourd'hui.

Notre hypothèse de travail au 05/08/2026 : +1,5 point de parc rechargeable par an, soit 11,5 % en 2030 et 17,5 % en 2034. C'est l'hypothèse la plus structurante du calcul, et c'est celle que vous devez pouvoir modifier.

Une question revient souvent : faut-il majorer cette part quand la clientèle est largement néerlandaise, allemande ou belge ? Nous n'avons pas trouvé de source publique permettant de chiffrer cet écart. Notre calcul de référence n'applique donc aucune majoration : la part retenue reste 11,5 % en 2030, soit une quinzaine de véhicules rechargeables sur le camping — ce qui ne fait pas une quinzaine de recharges.

Étape 3 : combien ont besoin de recharger cette nuit

Le nombre d'arrivées se déduit de la durée moyenne de séjour : 120 véhicules présents divisés par 7 nuits, soit 17,1 arrivées par nuit. Les 103 autres véhicules sont déjà là depuis la veille.

Les deux populations ne se comportent pas de la même façon :

  • un véhicule qui arrive a roulé : il veut charger. Nous retenons 90 % ;
  • un véhicule déjà sur place ne recharge que s'il a fait des excursions. Nous retenons 25 % en camping, 15 % en hôtel de séjour.

Le calcul devient : (17,1 × 11,5 %) × 0,90 + (102,9 × 11,5 %) × 0,25 = 1,77 + 2,96 = 4,73 sessions de recharge par nuit de haute saison, en 2030.

Étape 4 : des sessions aux points de recharge

Deux coefficients transforment les sessions en points de recharge.

Le facteur de pointe d'abord : les arrivées ne se répartissent pas uniformément, tout le monde connaît le samedi du camping. Nous appliquons × 1,4 (hypothèse OTONOM au 05/08/2026).

Le nombre de rotations par nuit ensuite, et il vaut 1 : en charge lente, le véhicule reste branché toute la nuit, personne ne vient le débrancher à 2 h du matin. C'est pourquoi installer des bornes plus puissantes ne réduit pas le nombre de points nécessaires.

4,73 × 1,4 = 6,62, arrondi à 7 points de recharge. Avec les hypothèses retenues, c'est le besoin d'un camping de 150 emplacements à l'horizon 2030. En version « essentiel », 5 points. En version « premium », 10.

Camping (80 % d'occupation, 7 nuits)Véhicules présentsArrivées/nuitPoints en 2030
60 emplacements486,93
100 emplacements8011,45
150 emplacements12017,17
300 emplacements24034,314

Simulations OTONOM au 05/08/2026, scénario « confort », sans majoration de clientèle étrangère. Vos chiffres réels déplacent le résultat : le simulateur de dimensionnement camping et hôtel les prend en compte.

Points de recharge et bornes : ne jamais confondre

La réglementation compte des points de recharge, jamais des bornes. Une borne double alimentant deux véhicules simultanément vaut deux points de recharge.

Nos 7 points de recharge se traduisent donc par 3 bornes doubles et 1 borne simple. Confondre les deux, c'est soit sous-dimensionner de moitié, soit doubler la facture pour rien. Demandez toujours un chiffrage en points, puis la répartition en bornes.

Camping ou hôtel : c'est la rotation qui commande

À capacité identique, un hôtel a besoin de plus de points qu'un camping. À 1,8 nuit de séjour moyen, environ 55,6 % du parking se renouvelle chaque nuit, contre un septième — 14,3 % — à 7 nuits de séjour.

Horizon 2030, 80 % d'occupationVéhicules présentsArrivées/nuitPoints de recharge
Camping, 150 emplacements, 7 nuits12017,17
Hôtel, 150 chambres, 1,8 nuit9050,09

Avec les hypothèses retenues, l'hôtel a un quart de véhicules en moins sur son parking et demande deux points de plus. Le stock ne dit rien, la rotation dit tout. Nous détaillons ce cas dans le dimensionnement des bornes en hôtel selon le taux de rotation.

Vérifier que votre installation électrique tient

Sept points de 11 kW font 77 kW installés — un chiffre qui fait fuir et qui ne veut rien dire. Ce qui compte, c'est la puissance réellement appelée, plafonnée par un pilotage de charge. Pour notre camping souscrit à 250 kVA, avec une pointe relevée à 150 kW, la marge disponible est de 82,5 kW — au-dessus des 69,3 kW appelés par les sept points : dans ce scénario, le pilotage n'est pas nécessaire pour tenir la marge. Il le redevient dès que la pointe monte ou que la souscription baisse ; faute de relevé, l'hypothèse de prudence ramène cette marge à 47 kW et le pilotage s'impose.

Reste à vérifier l'énergie, ce que presque personne ne fait : nos 4,73 sessions représentent environ 89 kWh à délivrer dans la nuit, soit 7,4 kW moyens sur une fenêtre de 12 heures. La marge du site couvre largement ce besoin — le pilotage suffit, aucun renforcement de raccordement n'est nécessaire dans ce cas. C'est le principe détaillé dans notre article sur la recharge pilotée et la puissance souscrite.

À retenir

Une nuit de 12 heures à 7,4 kW délivre environ 89 kWh au compteur de la borne, bien plus qu'un client n'en a besoin. Sur un séjour, la durée de stationnement remplace la puissance : le 22 kW est rarement justifié, d'autant que beaucoup de véhicules plafonnent à 7,4 ou 11 kW en courant alternatif.

Installer maintenant, pré-équiper pour la suite

Un chiffre unique est une mauvaise réponse à un besoin qui progresse vite. Avec les hypothèses retenues, le même camping de 150 emplacements passe de 4 points en 2026 à 7 en 2030 et 11 en 2034.

La bonne décision est donc en deux temps : installer les 7 points, et pré-équiper 4 emplacements de plus — fourreaux, attente électrique, réservation de puissance — pendant que la tranchée est ouverte. La deuxième tranche coûtera alors le prix des bornes, pas celui du chantier.

Et l'obligation réglementaire dans tout ça ?

Elle ne vous concerne pas nécessairement. L'article L113-14 du code de la construction et de l'habitation écarte des obligations d'équipement les parcs de stationnement dépendant de bâtiments possédés et occupés par une PME au sens de la recommandation européenne 2003/361/CE. De nombreux campings indépendants peuvent bénéficier de cette exemption PME, à condition de posséder et d'occuper les bâtiments et le parc concernés et de respecter la définition européenne de la PME. Nous détaillons les trois régimes et les conditions exactes dans notre article sur l'obligation d'installer des bornes en camping.

Une obligation demeure en revanche, quelle que soit votre taille : dès 50 places de stationnement, une étude de conception électrique par un professionnel titulaire de la qualification correspondante est requise avant travaux (décret n° 2021-546 du 4 mai 2021). Beaucoup de campings dépassent ce seuil.

Les questions qui viennent ensuite

Le dimensionnement n'est que la première décision du projet. Les suivantes sont traitées dans ce dossier :

Ce qu'OTONOM fait pour vous

OTONOM orchestre de A à Z la transition mobilité, recharge et énergie des entreprises. Pour un camping : nous dimensionnons le besoin, nous coordonnons installateurs, énergéticien et mainteneur, et nous optimisons le coût financier, fiscal et énergétique du projet. Un seul interlocuteur, des résultats chiffrés. Nous ne vendons ni bornes ni logiciel : c'est ce qui rend notre dimensionnement crédible.

Réservez un audit gratuit pour faire vérifier votre calcul, ou commencez par estimer votre besoin en points de recharge.

Combien de bornes de recharge pour un camping de 100 emplacements ?
Avec les hypothèses retenues, environ 5 points de recharge à l'horizon 2030, soit 2 bornes doubles et 1 borne simple, pour un camping occupé à 80 % avec une durée moyenne de séjour de 7 nuits. En 2026, 3 points suffisent ; en 2034, il en faudrait 7. Estimation OTONOM au 05/08/2026, indicative et non contractuelle.
Faut-il une borne de recharge par emplacement de camping ?
Non. Le besoin se calcule sur les arrivées, pas sur la capacité : à 7 nuits de séjour moyen, un camping ne renouvelle qu'un septième de ses véhicules chaque nuit. Avec les hypothèses retenues, un camping de 150 emplacements a besoin d'environ 7 points de recharge à l'horizon 2030, soit un point pour 21 emplacements.
Sur quelle part de véhicules électriques faut-il dimensionner en 2026 ?
Sur le parc en circulation, soit 5,5 % de véhicules rechargeables au 01/01/2026 (3,5 % électriques et 2,0 % hybrides rechargeables, SDES), projeté à votre horizon d'amortissement de huit à dix ans. En 2025, les véhicules 100 % électriques ont représenté près de 20 % des immatriculations neuves et les hybrides rechargeables 6,6 %, soit environ 26,5 % au total : appliquer ce chiffre au lieu de 5,5 % multiplierait la demande théorique initiale par environ 4,8, avant arrondis et autres coefficients.
Quelle différence entre un point de recharge et une borne ?
Un point de recharge alimente un véhicule. Une borne peut en alimenter un ou deux : une borne double vaut deux points de recharge. La réglementation, elle, ne compte que des points. Sept points de recharge correspondent donc à trois bornes doubles et une borne simple.
Existe-t-il une aide ADVENIR pour installer des bornes dans un camping ?
Aucune prime ADVENIR nationale standard n'a été identifiée en métropole au 05/08/2026 : le guichet « point de recharge ouvert à tout public sur parking privé », qui couvrait hôtels et campings, est fermé depuis le 30 juin 2023. Des guichets restent ouverts en Corse et en Outre-mer, ainsi que pour les immeubles collectifs, les poids lourds et la voirie publique. Des aides régionales peuvent exister : elles se vérifient au cas par cas avant d'engager la dépense.
Qu'est-ce qu'OTONOM ?
OTONOM est l'orchestrateur A→Z de la transition mobilité, recharge et énergie des entreprises, marque du groupe MC Groupe. OTONOM conseille, coordonne tous les prestataires — installateurs, énergéticiens, financeurs, mainteneurs — et optimise le coût financier, fiscal et énergétique du projet. Un seul interlocuteur, des résultats chiffrés, zéro complexité.

Données réglementaires et de marché vérifiées au 05/08/2026 (SDES, Légifrance). Les résultats de dimensionnement reposent sur des hypothèses OTONOM datées du 05/08/2026 — véhicules par emplacement, trajectoire du parc rechargeable, taux de recharge à l'arrivée et en appoint, facteur de pointe. Elles sont indicatives et non contractuelles et ne remplacent pas une étude de conception électrique, obligatoire dès 50 places de stationnement.