Offerte, incluse ou facturée : avec les hypothèses retenues, la gratuité coûte 3 892 € HT de plus par an que la facturation.
- Hypothèse OTONOM au 05/08/2026 : offrir la recharge coûte 4 021 € HT par an à un camping de 150 emplacements équipé de 7 points et ouvert 5 mois, contre 129 € de perte si elle est facturée 0,40 € HT le kWh (0,48 € TTC).
- À périmètre identique — investissement de 21 908 € HT et charges d'exploitation sur 8 ans —, le scénario offert nécessite environ 322 nuitées supplémentaires par an, contre environ 137 pour le scénario facturé : un rapport de 2,35.
- La marge contributive d'une nuitée est de 21 €, soit 60 % d'un prix affiché de 35 €.
- Deux véhicules ventouses neutralisent près de 30 % de sept points en haute saison ; le correctif est le frais d'occupation au-delà d'une durée définie.
- Aucune enquête publique ne chiffre la répartition des trois modèles au 05/08/2026.
Chiffres au 05/08/2026, indicatifs et non contractuels.
« On offre, c'est plus simple. » C'est la phrase que nous entendons le plus souvent, et elle est vraie la première année, avec deux points de recharge et trois clients électriques. Elle devient coûteuse dès que la demande monte. Cet article décrit ce que font les établissements, ce que chaque modèle coûte à périmètre comparable, et comment corriger l'effet pervers principal de la gratuité — le véhicule qui reste branché toute la semaine.
Nous n'avons identifié, au 05/08/2026, aucune enquête publique chiffrant la répartition entre recharge offerte, incluse et payante dans l'hôtellerie de plein air française. Les modèles décrits ci-dessous sont une observation de terrain, pas une statistique. Nous n'en tirons donc aucun seuil de bascule : nous ne pouvons pas affirmer qu'un modèle « s'impose » au-delà de deux, trois ou quatre points de recharge. Les montants sont des hypothèses OTONOM.
Trois modèles, trois logiques
| Modèle | Où nous le rencontrons | Ce qu'il produit |
|---|---|---|
| Offert | Plutôt les petits parcs de bornes, sur une clientèle encore peu électrifiée. | Argument commercial immédiat, aucun encaissement à gérer. Aucun frein à l'usage : la demande devient difficile à tenir dès qu'elle croît. |
| Inclus dans le tarif | Établissements de gamme, emplacements premium, formules « confort ». | La recharge devient un attribut du produit, valorisé dans le prix. Suppose un plafond d'énergie ou de durée, sinon même dérive que la gratuité. |
| Payant | Plutôt les parcs de bornes les plus fournis, et les établissements qui admettent des visiteurs extérieurs. | Régule la demande, finance une partie des charges, et rend l'usage mesurable. Exige une supervision et une monétique. |
Ces trois modèles ne s'opposent pas dans le temps : la trajectoire que nous observons le plus souvent consiste à démarrer en offert sur deux points, puis à basculer en payant lorsque la file d'attente apparaît. Le problème est que le passage au payant se décide généralement tard, une fois l'habitude prise par la clientèle fidèle.
Ce que coûte réellement la gratuité
Reprenons notre camping de référence : 150 emplacements, 7 points de recharge, 21 908 € HT d'investissement, ouvert 5 mois, 10 518 kWh délivrés par an au compteur des bornes. Le chiffrage complet figure dans notre article sur le coût d'installation en camping.
| Poste annuel | Recharge offerte | Recharge facturée 0,40 € HT/kWh (0,48 € TTC) |
|---|---|---|
| Énergie achetée — 10 518 kWh à 0,20 € HT | − 2 104 € | − 2 104 € |
| Recette client, monétique et supervision variables déduites (0,37 € HT/kWh net) | 0 € | + 3 892 € |
| Abonnement de supervision et maintenance | − 1 917 € | − 1 917 € |
| Résultat annuel | − 4 021 € | − 129 € |
L'écart est de 3 892 € HT par an, soit 31 136 € sur huit ans — davantage que l'installation elle-même, chiffrée à 21 908 € HT. Les deux colonnes portent volontairement sur le même périmètre : même investissement, même volume d'énergie, mêmes charges fixes. Seule la recette change.
Le même écart, exprimé en nuitées
Un gérant ne raisonne pas en kilowattheures, il raisonne en nuitées. Encore faut-il savoir ce qu'une nuitée rembourse. Ce n'est pas son prix affiché : il en part la TVA, les commissions de distribution, le ménage, les fluides et le personnel. Nous retenons une marge contributive de 60 % du prix affiché, soit 21 € pour une nuitée de camping à 35 €. Le calcul devient alors reproductible.
nuitées supplémentaires par an = (investissement + pertes d'exploitation cumulées sur 8 ans) ÷ (21 € × 8 ans)
| À périmètre identique, sur 8 ans | Recharge offerte | Recharge facturée |
|---|---|---|
| Investissement | 21 908 € | 21 908 € |
| Pertes d'exploitation cumulées | 32 168 € | 1 032 € |
| Total à couvrir | 54 076 € | 22 940 € |
| Nuitées supplémentaires par an | environ 322 | environ 137 |
Avec les hypothèses retenues, en intégrant l'investissement et les charges d'exploitation sur la même période, le scénario offert nécessite environ 322 nuitées supplémentaires par an, contre environ 137 pour le scénario facturé : un rapport de 2,35. C'est aussi le chiffre que renvoie notre simulateur pour le scénario facturé, qui applique le même périmètre.
Et ce calcul reste optimiste pour la gratuité. Il suppose une consommation identique dans les deux cas, alors que l'absence de prix augmente mécaniquement l'usage : on branche « au cas où », on recharge 20 kWh pour aller à la plage, on laisse le câble en place. Nos volumes sont modélisés sur un usage facturé.
La gratuité n'est pas un cadeau de 0,20 € HT par kWh : c'est un renoncement à la seule recette qui absorbe l'abonnement de supervision. Avec les hypothèses retenues et sur ce seul cas de référence, elle multiplie par 2,35 le nombre de nuitées supplémentaires nécessaires pour rembourser le projet. Ce rapport dépend du volume délivré, de la durée d'ouverture et du prix de la nuitée : il se recalcule, il ne se transpose pas.
Le véhicule ventouse, effet pervers numéro un
C'est le problème que les exploitants découvrent en juillet. Un client arrive le samedi, branche sa voiture, la recharge en une nuit — et la laisse branchée jusqu'au samedi suivant. Le point de recharge est occupé sept jours pour une charge de quatre heures.
Deux raisons à cela, et aucune n'est de la mauvaise volonté. D'abord, il n'a aucune raison de débrancher : rien ne le lui demande, et déplacer la voiture lui coûte un effort. Ensuite, en camping, la place de recharge est souvent aussi une place de stationnement : débrancher signifierait perdre son emplacement de voiture.
L'impact se chiffre. Sur 7 points de recharge, deux véhicules ventouses en haute saison neutralisent près de 30 % de la capacité, exactement au moment où la demande est maximale. C'est le meilleur moyen de transformer un investissement de 22 000 € en source de réclamations.
Cinq correctifs, du plus efficace au plus simple
- Le frais d'occupation. La charge reste facturée à l'énergie, mais un tarif à la minute se déclenche au-delà d'une durée définie — par exemple 12 heures de branchement. C'est le seul dispositif qui vise le comportement plutôt que la consommation, et le plus efficace de tous.
- Le plafond d'énergie inclus. Formule mixte : 30 kWh compris dans le séjour, au-delà facturé au kilowattheure. Le client garde le sentiment d'un service inclus, l'établissement garde une régulation.
- La séparation stationnement / recharge. Marquage au sol, signalétique, mention au règlement intérieur : la place est un point de recharge, pas une place de parking. Sans cette séparation, aucun tarif ne réglera le problème.
- Le badge remis à la réception. Une session à la fois, restitution le lendemain. Rustique, sans monétique, adapté aux petits établissements — mais mobilise du personnel.
- La réservation de créneau. Un créneau nocturne par emplacement, géré au planning. Pertinent quand les points sont rares par rapport à la demande, contraignant à exploiter au quotidien.
Ces règles doivent être écrites là où le client les lit : dans les conditions de vente, au règlement intérieur affiché, et sur la borne elle-même. En hôtellerie de plein air, les prix des prestations s'affichent toutes taxes comprises à l'entrée, à la réception et au lieu de vente, et les prestations essentielles comme annexes des contrats de location d'emplacement doivent être détaillées avant signature (arrêté du 24 décembre 2014 relatif à l'information préalable du consommateur dans les établissements hôteliers de plein air, en vigueur au 05/08/2026). Vos calculs internes se font en HT, votre affichage en TTC : 0,40 € HT le kilowattheure s'affiche 0,48 € TTC au taux normal de 20 %.
Inclure la recharge dans le tarif : pour qui ?
L'inclusion est le modèle le plus intéressant commercialement, et le plus mal exécuté. Bien faite, elle transforme un coût en attribut de gamme : l'emplacement « premium avec recharge » se vend plus cher que l'emplacement standard, et l'écart de prix couvre l'énergie. Mal faite, c'est de la gratuité avec une facture ailleurs.
Trois conditions la rendent viable : un plafond d'énergie ou de durée, un nombre de points suffisant pour honorer la promesse en haute saison, et un écart tarifaire réellement pratiqué entre les emplacements avec et sans recharge. Sans les trois, l'inclusion revient à offrir.
Un point fiscal mérite d'être posé à votre expert-comptable avant d'imprimer les tarifs : la recharge facturée séparément relève du taux normal de TVA de 20 %, quand la location d'un emplacement de camping classé bénéficie du taux réduit de 10 % (article 279 a du CGI). Le traitement d'une recharge intégrée au prix du séjour n'est pas évident — nous n'avons pas identifié de doctrine publiée sur ce cas au 05/08/2026. Indicatif et non contractuel.
Comment trancher, en trois questions
Combien de points allez-vous exploiter ? Un ou deux points se gèrent à la main, sans supervision facturante. Plus le parc grandit, plus l'abonnement de supervision devient de toute façon nécessaire : la question devient alors de savoir s'il facture ou non. Nous ne fixons pas de seuil : il dépend de votre volume, pas d'une règle générale.
Ouvrez-vous cinq mois ou douze ? Un établissement annuel absorbe ses charges fixes sur près de deux fois plus d'énergie — 20 076 kWh contre 10 518 dans notre cas — et peut donc envisager l'inclusion. Un saisonnier concentre tout sur cinq mois : la facturation y réduit sensiblement la perte.
Admettez-vous des visiteurs extérieurs ? L'admission de personnes extérieures rend l'infrastructure probablement ouverte au public, même sur terrain privé. Cela ne tranche pas la question du prix : la recharge peut rester gratuite ou devenir payante. Lorsqu'elle est facturée, des obligations d'accès sans abonnement préalable, de transparence tarifaire et, selon la puissance du point et sa date de déploiement, de moyens de paiement s'appliquent — au titre du règlement AFIR (UE) 2023/1804, applicable depuis le 13 avril 2024. S'y ajoutent des obligations de données et de continuité de service.
Le tarif lui-même, une fois le modèle choisi, se calcule à partir de votre coût de revient — c'est l'objet de notre article sur le prix à facturer à ses clients. Et le nombre de points, qui commande tout le reste, se détermine avant : voir combien de bornes de recharge pour un camping et notre simulateur de bornes pour camping et hôtel.
Le vrai arbitrage n'est pas entre gratuit et payant
Il est entre un service tenu et un service subi. Une recharge payante, disponible, avec une règle claire de libération du point, vaut mieux qu'une recharge offerte dont trois clients sur quatre trouvent la borne occupée. Le client électrique ne cherche pas le kilowattheure le moins cher : il cherche à repartir chargé.
OTONOM est l'orchestrateur A→Z de la transition mobilité, recharge et énergie des entreprises. Nous ne vendons ni bornes ni électricité : nous dimensionnons, chiffrons, coordonnons installateurs, énergéticiens, financeurs et mainteneurs, et optimisons le coût financier, fiscal et énergétique. Un seul interlocuteur, des résultats chiffrés, zéro complexité.
Faut-il rendre la recharge gratuite ou payante dans un camping ?
Combien de nuitées faut-il gagner pour rentabiliser des bornes offertes ?
Comment éviter qu'un client reste branché toute la semaine ?
Peut-on inclure la recharge dans le prix du séjour ?
Une borne ouverte aux visiteurs extérieurs doit-elle être payante ?
Combien de campings font payer la recharge en France ?
Vous ne savez pas quel modèle tiendra en août prochain ? Réservez un audit gratuit : nous dimensionnons, nous chiffrons les trois scénarios et nous nous occupons de tout.
Coûts, prix de l'énergie et volumes : hypothèses OTONOM au 05/08/2026, non calées avec un exploitant, indicatives et non contractuelles. Convention : prix affichés au client en TTC, calculs économiques en HT, au taux normal de 20 %. Marge contributive d'une nuitée : 60 % du prix affiché, hypothèse OTONOM. Répartition des modèles tarifaires : observation de terrain, sans source publique. Barèmes fiscaux au 05/08/2026 — à confirmer avec votre expert-comptable.