Avec les hypothèses retenues, équiper un camping de bornes coûte quelques dizaines de milliers d'euros et la vente d'électricité n'en rembourse presque rien : le retour se joue sur les nuitées.
- Hypothèse OTONOM au 05/08/2026 : un camping de 150 emplacements ouvert 5 mois a besoin de 7 points de 11 kW en 2030, pour 21 908 € HT, soit environ 3 130 € HT par point.
- La marge sur l'électricité revendue est de 0,17 € HT par kWh : 0,40 € HT facturé (0,48 € TTC), 0,20 € acheté, 0,03 € de monétique.
- 10 518 kWh vendus par an rapportent 1 788 € HT contre 1 917 € HT de charges : résultat annuel − 129 €.
- Au 05/08/2026, aucune prime ADVENIR nationale standard identifiée pour ce cas en métropole : le guichet « parking privé ouvert au public » est fermé depuis le 30/06/2023.
- Rembourser l'investissement et la perte d'exploitation demande 137 nuitées supplémentaires par an pendant 8 ans, à 21 € de marge contributive (60 % de 35 €).
Chiffres au 05/08/2026, indicatifs et non contractuels.
La question du prix d'une borne de recharge en camping reçoit presque toujours une réponse tronquée : un prix au point de charge, une aide supposée, et un discours sur la « nouvelle source de revenus ». Les trois sont faux ou incomplets. Le coût réel se compose de quatre postes dont un seul concerne le matériel, l'aide nationale n'existe plus pour ce cas, et la revente d'électricité ne rembourse pas l'investissement. Voici le chiffrage poste par poste, la recette réellement attendue, et la seule façon honnête de mesurer le retour.
Les coûts de matériel, de travaux et les prix de l'énergie sont des hypothèses OTONOM au 05/08/2026, issues de notre moteur de simulation. Elles ne sont ni des prix réglementés, ni des moyennes officielles, et n'ont pas encore été calées avec un exploitant. Les règles de droit citées sont datées et sourcées séparément. Convention de lecture : les prix affichés au client sont en TTC, les calculs économiques sont en HT, la conversion étant indiquée à chaque fois.
Le cas de référence : un camping de 150 emplacements
Pour chiffrer, il faut un cas. Nous prenons celui d'un camping de 150 emplacements, occupé à 80 % en haute saison, avec un séjour moyen de 7 nuits, ouvert 5 mois par an, 250 kVA souscrits, une pointe de site relevée à 150 kW et 60 mètres entre le tableau électrique et la zone de recharge.
Le besoin ne se déduit pas de la capacité, mais du rythme des arrivées : un client qui reste sept nuits ne recharge pas sept fois. Nous projetons la part de véhicules rechargeables à 11,5 % du parc client en 2030 — 5,5 % de parc de départ au 01/01/2026 selon le SDES, majoré de 1,5 point par an, sans correction de clientèle étrangère. Sur cette base, notre moteur retient 7 points de recharge au niveau « confort », soit 3 bornes doubles et une simple. La méthode complète est détaillée dans notre article combien de bornes de recharge pour un camping.
Le coût réel, poste par poste
| Poste | Montant HT | Ce qui le fait varier |
|---|---|---|
| 7 points de 11 kW montés en 3 bornes doubles et une simple, pose comprise | 14 208 € | Puissance retenue, borne simple ou double |
| Génie civil : forfait de chantier + 60 m de tranchée à 80 €/m | 6 300 € | Distance au tableau, nature du sol, nombre de zones |
| Pilotage de charge | 0 € | Inutile ici : la marge de puissance suffit. Compter 3 500 € si elle est plus serrée |
| Pré-équipement de 4 emplacements pour l'horizon 2034 | 1 400 € | Ambition de croissance |
| Total | 21 908 € | soit environ 3 130 € HT par point |
Deux enseignements sortent de ce tableau. D'abord, le matériel ne représente que 65 % de la facture : ce qui coûte cher, c'est d'amener l'électricité jusqu'aux emplacements. Ensuite, la distance au tableau est le levier le plus brutal — à 20 mètres, le total tombe à 18 708 € HT ; à 150 mètres, il grimpe à 29 108 € HT, pour exactement la même installation.
Deux arbitrages font baisser la note sans dégrader le service. Passer de 11 kW à 7,4 kW par point ramène le poste matériel de 14 208 à 10 656 € HT : sur une nuit de douze heures, 7,4 kW délivrent environ 88 kWh au compteur de la borne, bien plus qu'un client n'en consomme. Retenir le niveau « essentiel » plutôt que « confort », soit 5 points au lieu de 7, ramène l'investissement total à 17 622 € HT.
Ce que la vente d'électricité rapporte vraiment
C'est ici que le discours commercial ambiant s'effondre. Notre moteur retient un prix de revente de 0,40 € HT par kWh — soit 0,48 € TTC au taux normal de 20 % —, un prix d'achat de 0,20 € HT et 0,03 € de frais de monétique et de supervision : la marge brute est donc de 0,17 € HT par kWh. Ces trois valeurs sont des hypothèses OTONOM, à ajuster selon votre contrat de fourniture.
Comment nous obtenons le volume annuel
Le volume annuel n'est pas une intuition : il se reconstitue à partir d'une seule mesure, l'énergie d'une nuit pleine de haute saison, ramenée à l'année par la formule suivante.
énergie annuelle = énergie d'une nuit de haute saison × nuits ouvertes × (occupation moyenne ÷ occupation de haute saison)
Le dernier terme est le coefficient qui manquait le plus souvent aux chiffrages : il vaut 0,78 pour un établissement saisonnier et 0,62 pour un établissement ouvert à l'année dans nos hypothèses. Sur notre cas de référence, une nuit pleine appelle 88,7 kWh au compteur des bornes, et cinq mois d'ouverture représentent 152 nuits : 88,7 × 152 × 0,78 = 10 518 kWh. Le même camping ouvert 365 jours donne 88,7 × 365 × 0,62 = 20 076 kWh.
Une convention de mesure vaut d'être posée, parce qu'elle change tout : ces kilowattheures sont ceux mesurés au compteur de la borne. Ce sont à la fois ceux que vous facturez au client et ceux que l'installation doit être capable de délivrer. Le rendement de charge, de l'ordre de 90 %, ne s'applique qu'en aval, pour dire ce que la batterie reçoit réellement — jamais dans le dimensionnement ni dans la recette, sous peine de compter la perte deux fois.
| Exploitation annuelle | Camping ouvert 5 mois | Même camping ouvert à l'année |
|---|---|---|
| Énergie vendue (au compteur des bornes) | 10 518 kWh | 20 076 kWh |
| Marge sur l'énergie (0,17 € HT/kWh) | 1 788 € | 3 413 € |
| Supervision et monétique (180 € HT/point/an) | 1 260 € | 1 260 € |
| Maintenance (3 % de l'investissement) | 657 € | 657 € |
| Résultat annuel | − 129 € | + 1 496 € |
| Retour par la seule électricité | jamais | 14,6 ans |
Avec les hypothèses retenues, un camping saisonnier de taille moyenne sort un résultat annuel négatif. Nous préférons l'écrire que le maquiller : les charges fixes — abonnement de supervision, maintenance, monétique — ne connaissent pas la saisonnalité, alors que les recettes s'arrêtent en septembre. Sept points de recharge coûtent 1 260 € de supervision qu'ils tournent cinq mois ou douze.
Avec les hypothèses retenues et dans le seul scénario étudié — camping saisonnier de 150 emplacements ouvert 5 mois —, la borne de recharge n'est pas un centre de profit : amortissement compris, le coût complet du kilowattheure délivré atteint environ 0,67 € HT, soit 0,80 € TTC. Aucun tarif client réaliste ne le couvre. La conclusion ne s'étend pas à un établissement ouvert à l'année, où le même moteur sort + 1 496 € par an. La façon de fixer le prix est traitée dans notre article sur le prix à facturer à ses clients.
Aucune aide nationale en métropole au 05/08/2026
Le guichet ADVENIR « point de recharge ouvert à tout public sur parking privé », celui qui couvrait hôtels, campings et commerces, est fermé depuis le 30 juin 2023. Au 05/08/2026, nous n'avons identifié aucune prime ADVENIR nationale standard ouverte à un camping ou à un hôtel de métropole pour des véhicules légers.
Deux exceptions et une piste. En Corse et dans les territoires ultramarins, des guichets ADVENIR restent ouverts, avec pilotage par le signal EDF-SEI obligatoire — taux et plafonds à vérifier avant tout dépôt de dossier. Des dispositifs régionaux existent par ailleurs, trop variables pour être chiffrés ici : ils se vérifient au cas par cas.
Côté fiscalité, ne comptez pas sur le taux réduit de TVA. Le taux de 5,5 % de l'article 278-0 bis N du CGI vise les prestations de pose, d'installation et d'entretien d'infrastructures de recharge — pas la fourniture du matériel prise isolément —, et seulement lorsque ces infrastructures sont installées dans des locaux à usage d'habitation et destinées à leurs résidents, avec une configuration technique et un installateur qualifié répondant aux critères de l'arrêté du 22 juin 2023. Le parking commercial d'un camping ou d'un hôtel relève donc du taux normal de 20 %, récupérable si l'établissement est assujetti. Nous n'avons identifié, au 05/08/2026, aucune déduction exceptionnelle applicable à ce cas — indicatif et non contractuel, à confirmer avec votre expert-comptable.
Les charges que personne n'annonce
Trois postes récurrents échappent aux devis d'installation, et ce sont eux qui rendent le résultat négatif.
- La supervision et la monétique : 180 € HT par point et par an dans nos hypothèses, soit 1 260 € pour sept points. C'est le poste le plus sous-estimé.
- La maintenance : 3 % de l'investissement par an, soit 657 € HT dans notre cas.
- La vérification périodique des installations électriques : dès lors que l'établissement emploie des salariés, l'employeur doit faire vérifier ses installations, avec une périodicité d'un an (article R4226-16 du code du travail, arrêté du 26 décembre 2011), extensible à deux ans si le rapport précédent est sans observation.
À cela s'ajoute une obligation d'étude, souvent découverte trop tard : dès 50 places de stationnement, une étude de conception électrique est requise avant travaux et l'installation doit être réalisée par un professionnel qualifié IRVE (décret n° 2021-546 du 4 mai 2021). La plupart des campings dépassent ce seuil.
Le vrai retour se compte en nuitées, pas en kilowattheures
Les plateformes de réservation proposent un filtre « borne de recharge ». Un établissement non équipé disparaît des résultats pour cette clientèle — mais nous ne savons pas prédire combien de réservations vous gagnerez, et nous ne l'inventerons pas.
Nous retournons donc la question : combien de nuitées supplémentaires faut-il pour rembourser ce que l'électricité ne rembourse pas ? Encore faut-il savoir ce qu'une nuitée rembourse réellement. Ce n'est pas son prix de vente : il en part de la TVA, des commissions de distribution, du ménage, des fluides et du personnel. Nous retenons une marge contributive de 60 % du prix affiché, soit 21 € pour une nuitée de camping à 35 €.
Avec les hypothèses retenues, rembourser sur huit ans les 21 908 € d'investissement et la perte d'exploitation de 129 € par an demande 137 nuitées supplémentaires par an : (21 908 + 129 × 8) ÷ (21 € × 8 ans). Sur 150 emplacements ouverts 152 jours, cela représente un peu moins d'une nuitée gagnée par jour de saison.
C'est le bon seuil de décision, parce qu'il est vérifiable : vous savez, vous, si votre camping peut gagner près d'une nuitée par jour de saison en affichant la recharge. Une prévision de rentabilité énergétique, elle, ne se vérifie jamais. Et ce raisonnement ne condamne pas le projet — il le déplace du service technique vers la direction commerciale.
Trois décisions qui changent le chiffrage
Installer en deux temps. Le pré-équipement — fourreaux, attente électrique — coûte 350 € HT par emplacement dans nos hypothèses, contre 3 130 € HT le point installé. Il se pose une seule fois, pendant que la tranchée est ouverte. Poser 7 points et pré-équiper 4 emplacements coûte 1 400 € aujourd'hui et évite un second chantier en 2034.
Vérifier la puissance avant le matériel. Sept points de 11 kW appellent 69 kW sans pilotage, exactement au moment où le camping fait sa pointe. Avec 250 kVA souscrits et une pointe de site à 150 kW, notre cas de référence absorbe cette charge sans pilotage : c'est pourquoi ce poste ressort à 0 €. Sur un abonnement plus serré, il redevient nécessaire et ajoute 3 500 € HT — presque toujours moins cher qu'un renforcement de raccordement, estimé à 12 000 € HT dans nos hypothèses — le mécanisme est détaillé dans notre article sur la recharge pilotée et la puissance souscrite.
Choisir son modèle de facturation en connaissance de cause. Offert, inclus dans le tarif ou payant : le choix change la recette, la fréquentation et le risque de véhicule ventouse. Nous avons recensé ce que font réellement les établissements.
Chiffrer votre cas
Ces montants valent pour un camping de 150 emplacements ouvert cinq mois. Votre capacité, votre durée de séjour, votre distance au tableau et votre saisonnalité déplacent chacun le résultat de plusieurs milliers d'euros. Notre simulateur de bornes pour camping et hôtel refait le calcul sur vos données et affiche séparément le besoin, la puissance, l'investissement et le seuil en nuitées.
OTONOM est l'orchestrateur A→Z de la transition mobilité, recharge et énergie des entreprises. Nous ne vendons pas de bornes : nous chiffrons le projet, coordonnons installateurs, énergéticiens, financeurs et mainteneurs, et optimisons le coût financier, fiscal et énergétique. Un seul interlocuteur, des résultats chiffrés.
Combien coûte une borne de recharge dans un camping ?
Une borne de recharge est-elle rentable pour un camping ?
Comment calculer le nombre de kWh vendus par an sur des bornes de camping ?
Existe-t-il une aide pour installer des bornes dans un camping en 2026 ?
Quelle TVA s'applique à l'installation de bornes dans un camping ?
Faut-il un installateur qualifié IRVE pour un camping ?
Vous voulez savoir ce que votre établissement doit réellement investir, et à quelles conditions cela se rembourse ? Réservez un audit gratuit : nous chiffrons votre cas et nous nous occupons de tout.
Chiffres de coût et d'énergie : hypothèses OTONOM au 05/08/2026, non calées avec un exploitant, indicatives et non contractuelles. Convention : prix affichés au client en TTC, calculs économiques en HT. Part du parc rechargeable : 5,5 % au 01/01/2026 (SDES). Règles fiscales et réglementaires au 05/08/2026 — à confirmer avec votre expert-comptable et votre installateur qualifié IRVE. Cet article est une estimation préalable, en aucun cas une étude électrique.
Avant de chiffrer, une question mérite d'être tranchée : y êtes-vous seulement tenu ? Dans la majorité des cas, non — voir un camping est-il obligé d'installer des bornes de recharge ?