Un employeur peut financer la borne installée chez son salarié. Le régime dépend d'une seule question : la borne est-elle retirée à la fin du contrat de travail ?
- Borne retirée en fin de contrat : la prise en charge est exclue de l'assiette des cotisations, sans plafond.
- Borne conservée, cinq ans ou moins : exclusion de 50 % des dépenses réelles, plafond 1 057,10 € (valeur 2026).
- Borne conservée, plus de cinq ans : 75 %, plafond 1 585,50 €.
- Les frais d'utilisation — location, maintenance, supervision — sont exclus dans la limite de 50 %, sans plafond en euros.
- Les frais d'électricité sont hors de cette règle des 50 % — le texte précise « hors frais d'électricité ». Leur traitement dépend ensuite du véhicule : pour un véhicule d'entreprise 100 % électrique éligible, ils sont exclus du calcul de l'avantage en nature.
Valeurs 2026, revalorisées chaque 1er janvier. Vérifié le 11/08/2026, indicatif.
Installer une borne chez un collaborateur règle la plupart des problèmes d'une flotte électrique : le véhicule part chargé chaque matin, sans mobiliser un point de charge sur site. Reste à savoir qui paie l'équipement, et surtout ce que l'administration en fait. Le régime est plus favorable qu'on ne le croit — à condition de trancher une question dès le départ.
La question qui commande tout : la borne reste-t-elle ?
L'arrêté du 25 février 2025 distingue deux situations, et l'écart entre elles est considérable.
| Situation | Part exclue de l'assiette | Plafond 2026 |
|---|---|---|
| Borne retirée à la fin du contrat | La totalité | Aucun |
| Borne conservée, cinq ans ou moins | 50 % des dépenses réelles | 1 057,10 € |
| Borne conservée, plus de cinq ans | 75 % des dépenses réelles | 1 585,50 € |
Sur une borne de 1 500 € installée chez un salarié qui la conserve après deux ans, l'exclusion porte donc sur 750 € — le reste étant réintégré. Si la même borne est retirée en fin de contrat, la totalité est exclue.
L'arrêté vise une borne de « plus de cinq ans ». Une présentation paramétrique du BOSS emploie toutefois une formulation différente. Pour un dossier situé exactement à la date anniversaire des cinq ans, une validation auprès de l'Urssaf ou de votre conseil en paie est prudente : l'écart se chiffre à 525 € sur une borne de 2 100 €.
Les plafonds bougent chaque année
Les montants figurant dans le texte d'origine — 1 043,50 € et 1 565,20 € — étaient ceux de 2025. L'arrêté prévoit leur revalorisation au 1er janvier de chaque année. Les valeurs applicables en 2026 sont 1 057,10 € et 1 585,50 €. C'est une erreur fréquente : citer les montants de l'arrêté sans vérifier le millésime en cours.
Le régime lui-même court jusqu'au 31 décembre 2027. Au-delà, tout est à revérifier.
Et les frais d'utilisation ? Le piège de la supervision
L'installation n'est pas le seul poste. Une borne pilotée suppose souvent un abonnement de supervision, facturé par point de charge et par mois — c'est lui qui permet de relever les sessions et de justifier le remboursement de l'électricité.
Or ces frais relèvent d'un alinéa distinct : la prise en charge des « autres frais liés à l'utilisation » d'une borne installée hors du lieu de travail, ou du coût d'un contrat de location, est exclue dans la limite de 50 % des dépenses réelles. Sans plafond en euros : les 1 057,10 € et 1 585,50 € visent l'achat et l'installation, pas l'usage.
Et le contraste est frappant : sur un abonnement de 8 € par mois, soit 96 € par an, environ la moitié est réintégrable — alors que les 324 € d'électricité de la même année ne le sont pas du tout. C'est précisément le sens de la parenthèse « hors frais d'électricité » que le texte ajoute à cet alinéa. Le régime de l'électricité est détaillé dans les règles URSSAF du remboursement de recharge à domicile.
Ce que ça coûte vraiment à l'employeur
Un poste échappe à presque tous les budgets : la fraction réintégrée entre dans l'assiette, donc elle supporte des charges patronales. À titre purement illustratif, avec une hypothèse de 40 % de cotisations patronales, 750 € réintégrés représenteraient environ 300 € de coût supplémentaire — il n'existe pas de taux universel, le taux réel dépendant de la situation de paie. La dépense réelle dépasse donc toujours son montant facial.
Le coût de l'énergie elle-même, lui, est détaillé dans notre article pilier sur le coût réel de la recharge à domicile d'un salarié. Le simulateur de remboursement de recharge à domicile chiffre l'ensemble — électricité, supervision, borne et charges — et rend le régime applicable à votre situation.
Faut-il retirer la borne ou la laisser ?
Sur le plan social, la retirer est plus favorable : exclusion totale, sans plafond. Économiquement, c'est rarement rationnel — la dépose coûte, et une borne de cinq ans a peu de valeur de réemploi. Beaucoup d'entreprises choisissent donc de la laisser en acceptant la réintégration partielle, et l'inscrivent noir sur blanc dans leur politique de recharge. L'essentiel est de trancher avant l'installation, pas au départ du salarié.
Combien coûte réellement une installation ?
Le budget dépend beaucoup moins de la borne que du chantier. Le matériel représente souvent la part la plus faible ; ce sont la distance au tableau électrique, le passage de câble et l'éventuelle mise à niveau du tableau qui font varier la facture. Un logement individuel avec un garage attenant et un tableau récent se situe dans le bas de la fourchette ; une maison dont le tableau est à l'opposé du stationnement, ou un stationnement extérieur nécessitant une tranchée, dans le haut.
Ces montants sont à demander en devis, pas à estimer : c'est le seul poste du dispositif qui varie du simple au triple d'un salarié à l'autre, et il conditionne directement la fraction réintégrée si le salarié conserve la borne.
Qui a le droit d'installer la borne ?
La pose d'une infrastructure de recharge relève d'un professionnel titulaire d'une qualification IRVE, en application de l'article D. 353-2 du code de l'énergie. Le texte prévoit une exception étroite, limitée aux infrastructures d'une puissance totale inférieure ou égale à 3,7 kW qui ne sont pas accessibles au public et qui sont soit installées dans un bâtiment d'habitation privé ou sa dépendance, soit affectées à une fonction principale autre que la recharge.
Ces trois branches sont alternatives : une borne installée au domicile d'un salarié remplit bien la première. Ce qui exclut en pratique la quasi-totalité des installations, c'est le seuil de 3,7 kW — une borne murale résidentielle délivre couramment 7,4 kW ou davantage, et sort donc de l'exception. Autrement dit : c'est la puissance qui décide, pas le fait que la borne soit dédiée au véhicule de l'entreprise. La qualification s'impose donc dans presque tous les cas réels. Reste un point à régler avant les travaux plutôt qu'après un sinistre : prévenir l'assureur habitation du collaborateur.
Questions fréquentes
Quel montant l'employeur peut-il financer pour une borne au domicile ?
L'abonnement de supervision est-il traité comme l'électricité ?
Que se passe-t-il si le salarié quitte l'entreprise ?
Une borne installée sur le lieu de travail suit-elle les mêmes règles ?
Qu'est-ce qu'OTONOM apporte sur ce sujet ?
Plafonds 2026 issus de l'arrêté du 25 février 2025 relatif à l'évaluation des avantages en nature, revalorisés au 1er janvier de chaque année ; régime en vigueur jusqu'au 31/12/2027. Le taux de charges patronales cité est un ordre de grandeur OTONOM. Vérifié le 11/08/2026, indicatif et non contractuel — à confirmer avec votre conseil en paie.