L'essentiel

La valeur résiduelle est le poste le plus sensible du TCO d'un véhicule électrique : elle se soustrait du total, et un point d'écart pèse des dizaines de milliers d'euros sur une flotte.

  • Sur 30 compactes électriques détenues 48 mois, un point de valeur résiduelle vaut 11 520 € de revente brute et 10 392 € de variation nette de TCO calculée par le moteur OTONOM, soit 346 € par véhicule.
  • Entre une revente à 25 % et une revente à 41 % du prix neuf, le gain face au thermique passe de 5 763 € à 172 035 €.
  • Hypothèses OTONOM au 01/01/2026 : 33 % du prix neuf à 48 mois en électrique contre 42 % en thermique, soit 9 points d'écart mais 432 € par véhicule.
  • Allonger la détention de 36 à 60 mois multiplie le gain par près de huit, de 20 227 € à 157 858 €.

Modélisation OTONOM : il n'existe pas de barème officiel public par modèle, durée et kilométrage. Hypothèses au 01/01/2026, à confirmer auprès d'un loueur.

La valeur résiduelle d'un véhicule électrique est le seul poste du TCO qui se soustrait au lieu de s'ajouter. Elle arrive en bout de calcul, ce qui lui donne un pouvoir démesuré sur le résultat : sur une flotte de trente véhicules, quelques points d'écart déplacent la conclusion de dizaines de milliers d'euros, parfois du gain vers la perte. Voici comment elle s'estime, pourquoi celle de l'électrique reste plus incertaine que celle du diesel, et ce que la location longue durée change réellement.

À retenir

Sur une flotte de 30 compactes électriques détenues 48 mois, un seul point de valeur résiduelle déplace le TCO de 10 392 € — soit 346 € par véhicule. Entre une revente à 25 % et une revente à 41 % du prix neuf, le gain face au thermique passe de 5 763 € à 172 035 €. Aucune autre variable du calcul n'a ce bras de levier. (Modélisation OTONOM, hypothèses au 01/01/2026.)

Ce qu'est la valeur résiduelle, et pourquoi elle pèse autant

La valeur résiduelle est le prix auquel le véhicule sera revendu à la fin de sa période d'usage, exprimé en pourcentage du prix neuf : « 33 % à 48 mois » signifie qu'un véhicule acheté 38 400 € TTC est supposé se revendre 12 672 €.

Dans un calcul de coût total de possession, elle vient en déduction une fois tous les coûts additionnés. Elle ne réduit pas un poste : elle réduit le total. C'est ce qui la rend structurellement plus sensible que l'énergie ou l'entretien, dont les variations se diluent dans un ensemble.

Elle est aussi le montant le plus élevé du calcul après l'achat lui-même. Sur notre cas de référence, la flotte électrique coûte 1 152 000 € à l'acquisition et en récupère 380 160 € à la revente : un tiers du prix d'achat repose sur une hypothèse formulée quatre ans à l'avance.

L'effet de levier, mesuré

Cas de référence : 30 compactes électriques, 25 000 km par an, 48 mois, achat comptant, retour au dépôt chaque nuit, mise en service en juillet 2026, à 38 400 € TTC l'unité. Tout est figé sauf la valeur résiduelle de l'électrique. Le TCO thermique de comparaison reste constant à 1 376 273 €. Ces montants sont des résultats du moteur OTONOM sur ses propres hypothèses au 01/01/2026, pas des relevés de marché.

Valeur résiduelle électrique (hypothèses OTONOM)Revente encaissée (30 véh.)TCO électrique 48 moisGain face au thermique
25 %288 000 €1 370 510 €5 763 €
29 %334 080 €1 328 942 €47 331 €
33 % (notre hypothèse centrale)380 160 €1 287 374 €88 899 €
37 %426 240 €1 245 806 €130 467 €
41 %472 320 €1 204 238 €172 035 €

Le pas est parfaitement linéaire : 10 392 € par point de valeur résiduelle, soit 346 € par véhicule sur quatre ans. Une erreur de cinq points sur trente véhicules représente donc environ 52 000 €.

Pourquoi 10 392 € et pas 11 520 €

Un lecteur attentif refera le calcul de tête : 1 % de 38 400 €, multiplié par 30 véhicules, donne 11 520 €. L'écart avec les 10 392 € affichés n'est pas une approximation, c'est un poste de coût. Voici le pont, reproductible :

ÉtapeEffet d'un point de valeur résiduelle (30 véh., 48 mois)
Revente brute encaissée−11 520 € de TCO
Coût du capital immobilisé+1 128 € de TCO
Variation nette de TCO calculée par le moteur−10 392 €

L'explication tient en une phrase : en achat comptant, notre moteur ne fait pas décroître le capital immobilisé vers zéro, mais vers la valeur de revente attendue. Une valeur résiduelle plus élevée signifie donc qu'une part plus importante du prix reste immobilisée dans le véhicule pendant toute la détention — et cette immobilisation est valorisée à un coût du capital de 5 % par an (hypothèse OTONOM, paramétrable). Sur 48 mois, elle reprend 1 128 € des 11 520 € gagnés à la revente.

Autrement dit : 10 392 € est une variation nette de TCO, pas une variation brute de prix de revente. Si vous raisonnez en trésorerie pure et sans coût du capital, l'effet d'un point reste bien de 11 520 €.

Le bas du tableau mérite qu'on s'y arrête. À 25 % de revente, le gain tombe à 5 763 € sur quatre ans et trente véhicules — statistiquement, plus rien. Mêmes économies d'énergie et d'entretien, même fiscalité : seule la revente a bougé, et l'avantage a disparu.

Nos hypothèses sont des hypothèses, et nous le disons

Voici ce que notre moteur de calcul retient aujourd'hui, en pourcentage du prix neuf. Ces taux sont des hypothèses OTONOM au 01/01/2026 — ni un barème officiel, ni une moyenne de marché relevée :

Durée de détention (hypothèses OTONOM, 01/01/2026)ThermiqueÉlectrique
36 mois50 %40 %
48 mois42 %33 %
60 mois34 %26 %
Nature du chiffre

Hypothèse OTONOM, valeur de référence au 01/01/2026, périmètre : compacte de flotte, 25 000 km/an, à remplacer par la cotation de votre loueur. Il n'existe pas de barème officiel public directement exploitable par modèle, durée et kilométrage : aucune source d'État ne publie ces séries, et les données de marché appartiennent aux loueurs et aux cotateurs. Ces valeurs sont à confirmer auprès de votre loueur avant toute décision. Sur le poste qui pèse le plus lourd, mieux vaut une hypothèse assumée qu'un chiffre présenté comme une vérité.

C'est aussi pourquoi nous ne publions jamais un résultat unique. Sur le même cas, en faisant varier ensemble les quatre paramètres incertains — prix du véhicule, valeur résiduelle, énergie, infrastructure — le résultat s'étale de −116 095 € en scénario prudent à +254 196 € en scénario favorable, pour +88 899 € en central. Oui : en scénario prudent, l'électrique perd.

Quand on isole la seule valeur résiduelle, l'écart va de 39 537 € à 138 261 €. À elle seule, elle produit environ 27 % de l'amplitude totale des scénarios, alors qu'elle n'est qu'une variable sur quatre.

Comment une valeur résiduelle s'estime

Un loueur ou un cotateur ne devine pas : il construit une prévision à partir de quatre entrées.

  • Le prix catalogue du neuf à l'échéance — si le constructeur baisse ses tarifs, l'occasion suit mécaniquement.
  • Le kilométrage contractuel — un véhicule à 25 000 km/an vaut nettement moins à quatre ans qu'un véhicule à 15 000 km/an.
  • Le segment et la marque — la profondeur du marché de l'occasion diffère fortement d'un modèle à l'autre.
  • L'état et l'équipement — frais de remise en état, options recherchées ou non.

Sur un diesel, cet exercice s'appuie sur vingt ans d'historique de cotation. Sur un électrique, l'historique est court et le marché bouge vite. Trois facteurs expliquent ce surcroît d'incertitude.

1. L'état de santé de la batterie. C'est la variable qui n'existe pas sur un thermique. La capacité restante — le « SoH », en pourcentage de la capacité d'origine — conditionne l'autonomie réelle, donc le prix de revente.

Le règlement européen « Euro 7 » fixe désormais un seuil de durabilité opposable. Pour les voitures particulières (catégorie M1), la batterie d'un véhicule électrique neuf doit conserver au moins 80 % de sa capacité jusqu'à 5 ans ou 100 000 km, et au moins 72 % jusqu'à 8 ans ou 160 000 km. Ces seuils sont propres aux M1 : ils diffèrent pour les utilitaires légers (catégorie N1) et ne doivent pas être transposés tels quels à une flotte de fourgons. Ces exigences s'appliquent en France aux nouveaux types de véhicules à partir de novembre 2026, et à tous les véhicules neufs à partir de novembre 2027. Sur un cycle de flotte de quatre ans, l'usure attendue reste donc contenue. L'usure réelle n'est pas le vrai sujet : le sujet est que l'acheteur d'occasion n'a longtemps eu aucun moyen de la vérifier. Un doute non mesurable se paie en décote.

2. Un marché de l'occasion encore jeune. L'ADEME relève que le développement du marché de l'occasion permettra d'améliorer sensiblement le coût global de possession, tout en allongeant la durée de vie du véhicule. Pour un directeur financier : la valeur résiduelle d'aujourd'hui intègre une prime d'illiquidité qui devrait se réduire, sans qu'on puisse en dater la disparition.

3. Le prix du neuf, qui bouge encore. Un modèle électrique dont le tarif baisse de 15 % entraîne toute sa cote d'occasion vers le bas, y compris pour les véhicules déjà en parc. C'est le risque le plus brutal et le moins prévisible.

Le piège du pourcentage : 9 points d'écart, 432 € de différence

Sur notre cas de référence, l'électrique se revend à 33 % contre 42 % pour le thermique. Neuf points d'écart : le chiffre fait peur. En euros, il ne dit pas du tout la même chose.

Par véhicule, 48 moisÉlectriqueThermique
Prix d'acquisition TTC38 400 €31 200 €
Valeur résiduelle retenue33 %42 %
Revente estimée12 672 €13 104 €

432 € d'écart réel par véhicule. Le pourcentage plus faible s'applique à une base plus élevée, et l'essentiel de la différence s'annule. Comparer deux motorisations sur le seul taux de décote est l'une des erreurs les plus coûteuses en comité de direction : elle conduit à écarter une solution sur un chiffre qui ne mesure rien de comparable. Deux véhicules se comparent sur ce qu'ils coûtent de bout en bout — c'est l'objet de notre méthode de calcul du TCO d'un véhicule électrique en entreprise.

La durée de détention déplace le curseur

Plus la détention est longue, moins l'écart de décote compte : il reste peu à récupérer des deux côtés, pendant que les économies d'usage s'accumulent. Sur le même cas, seule la durée changeant :

DuréeRevente électrique (30 véh.)Revente thermique (30 véh.)Gain face au thermique
36 mois460 800 €468 000 €20 227 €
48 mois380 160 €393 120 €88 899 €
60 mois299 520 €318 240 €157 858 €

Allonger la détention de 36 à 60 mois multiplie le gain par près de huit sur ce cas. Conséquence directe : une flotte renouvelée tous les trois ans est structurellement plus exposée à l'incertitude sur la valeur résiduelle qu'une flotte gardée cinq ans.

La location longue durée transfère le risque, pas la question

En achat comme en crédit, l'entreprise porte intégralement l'écart entre la valeur résiduelle estimée et le prix réellement obtenu. En LLD, ce risque passe au loueur : quel que soit le marché de l'occasion en 2030, votre loyer ne bouge pas sous réserve des événements prévus au contrat — dépassement ou sous-consommation du kilométrage, état de restitution, modification de durée, résiliation anticipée. Ce n'est pas une immunité, c'est un transfert de risque encadré. C'est le vrai service que vous achetez.

Attention toutefois à la conclusion hâtive. Le loueur calcule votre loyer à partir de sa propre hypothèse de valeur résiduelle : plus il est pessimiste, plus le loyer monte. Sur notre cas passé en LLD, un point vaut encore 10 118 € de variation nette de TCO — presque autant qu'en achat.

À retenir

La location longue durée ne vous rend pas indifférent à la valeur résiduelle : elle vous rend indifférent au fait de vous tromper, dans les limites fixées par le contrat. L'hypothèse reste dans le prix, simplement vous ne la voyez plus. Demandez systématiquement au loueur la valeur résiduelle retenue dans le loyer — c'est le seul moyen de comparer deux offres autrement que sur la mensualité.

Le choix entre achat, crédit, LOA et LLD ne se joue donc pas sur le loyer, mais sur qui porte quoi. Nous le détaillons dans notre comparatif des quatre modes de financement d'une flotte électrique.

Le point fiscal à ne pas oublier à la revente

La revente d'un véhicule inscrit à l'actif dégage une plus-value ou une moins-value, calculée sur sa valeur nette comptable. Pour un véhicule de tourisme, une subtilité change le résultat : la fraction d'amortissement exclue des charges déductibles — au-delà du plafond de jusqu'à 30 000 € pour un véhicule émettant moins de 20 g de CO₂ par kilomètre — est malgré tout retenue pour la détermination de la plus-value ou de la moins-value de cession. Autrement dit, l'amortissement non déduit pendant la détention réduit quand même la valeur nette comptable à la vente. À faire valider par votre expert-comptable.

Ce qu'il faut en faire, concrètement

La valeur résiduelle est le poste sur lequel on ne peut pas être exact, mais sur lequel on peut être honnête. Trois réflexes suffisent.

  • Exiger le chiffre. Demandez à chaque loueur la valeur résiduelle intégrée dans son loyer : deux offres au même loyer peuvent reposer sur des hypothèses très différentes.
  • Raisonner en fourchette. Un TCO à trois scénarios vaut mieux qu'un TCO unique. Si la décision tient debout en scénario prudent, elle est solide.
  • Arbitrer la durée en connaissance de cause. Allonger la détention réduit mécaniquement l'exposition à la revente.

Calculez le TCO de votre flotte électrique avec vos propres hypothèses de valeur résiduelle → — le simulateur affiche les trois scénarios et laisse le paramètre modifiable.

OTONOM est l'orchestrateur de la transition mobilité, recharge et énergie des entreprises : un seul interlocuteur, de A à Z. Nous challengeons les hypothèses de valeur résiduelle de vos loueurs, coordonnons tous les prestataires et optimisons le coût financier, fiscal et énergétique de votre flotte. Les directeurs financiers trouveront sur notre page dédiée aux enjeux de TCO, de fiscalité et de risque la façon dont nous documentons chaque hypothèse — et peuvent réserver un audit gratuit pour en discuter sur leur parc réel.

Questions fréquentes

Quelle est la valeur résiduelle d'une voiture électrique à 48 mois ?
Il n'existe pas de barème officiel public directement exploitable par modèle, durée et kilométrage. Le moteur de calcul d'OTONOM retient, comme hypothèse de travail au 01/01/2026 et non comme moyenne de marché, 33 % du prix neuf à 48 mois pour un véhicule électrique, contre 42 % pour un thermique comparable. Ces valeurs sont à confirmer auprès d'un loueur ou d'un cotateur : elles varient fortement selon le modèle, le kilométrage et l'état du marché de l'occasion.
De combien un point de valeur résiduelle change-t-il le TCO d'une flotte ?
Sur une flotte de 30 compactes électriques à 38 400 € détenues 48 mois et roulant 25 000 km par an, un point de valeur résiduelle représente 11 520 € de revente brute supplémentaire. Le moteur d'OTONOM affiche une variation nette de TCO de 10 392 €, soit 346 € par véhicule : l'écart de 1 128 € correspond au coût du capital resté immobilisé dans le véhicule, valorisé à 5 % par an dans nos hypothèses. Une erreur de cinq points représente environ 52 000 € de TCO sur la flotte.
La voiture électrique décote-t-elle plus vite que le thermique ?
En pourcentage du prix neuf, oui, dans nos hypothèses de travail : environ 9 points d'écart à 48 mois. En euros, l'écart est bien plus faible, parce que le pourcentage s'applique à un prix d'achat plus élevé. Sur notre cas de référence, la différence réelle est de 432 € par véhicule.
La LLD supprime-t-elle le risque de valeur résiduelle ?
Elle transfère le risque au loueur : votre loyer ne dépend pas du prix réellement obtenu à la revente, sous réserve des événements prévus au contrat (kilométrage, état de restitution, modification de durée, résiliation anticipée). Mais l'hypothèse de valeur résiduelle du loueur est intégrée au loyer, donc vous la payez sans la voir. Demandez toujours la valeur résiduelle retenue pour comparer deux offres autrement que sur la mensualité.
L'état de santé de la batterie fait-il baisser la valeur de revente ?
Indirectement. Le règlement européen « Euro 7 » impose, pour les voitures particulières de catégorie M1, qu'une batterie de véhicule électrique neuf conserve au moins 80 % de sa capacité jusqu'à 5 ans ou 100 000 km, et au moins 72 % jusqu'à 8 ans ou 160 000 km — ces exigences s'appliquant aux nouveaux types de véhicules à partir de novembre 2026 et à tous les véhicules neufs à partir de novembre 2027. Les seuils diffèrent pour les utilitaires légers de catégorie N1. Sur un cycle de flotte de quatre ans, l'usure attendue reste donc contenue. Ce qui pèse sur la revente n'est pas tant l'usure réelle que l'impossibilité, pour l'acheteur d'occasion, de la mesurer avec certitude.

Chiffres de flotte issus du moteur de calcul OTONOM (hypothèses au 01/01/2026, résultats rejoués et vérifiés le 05/08/2026) sur un cas de 30 compactes, 25 000 km/an, 48 mois, achat comptant, recharge au dépôt la nuit, mise en service en juillet 2026 — donc postérieure au 1ᵉʳ mars 2026, date d'entrée en vigueur des tarifs 2026 de la taxe sur les polluants atmosphériques. Les tarifs 2027 de cette taxe sont déjà publiés ; seuls les millésimes fiscaux 2028 à 2030 sont reconduits à l'identique faute de texte. Les pourcentages de valeur résiduelle sont des hypothèses OTONOM et non des barèmes ni des moyennes de marché relevées : ils sont à confirmer auprès d'un loueur ou d'un cotateur. Barèmes fiscaux indicatifs et non contractuels — à confirmer avec votre expert-comptable.